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La musique de l’Inde

Depuis plus de deux mille ans, l’Inde est l’un des principaux foyers d’influence musicale en Asie. La musique de l’Inde ne connaît pas de vraie division entre l’expression artistique et l’expression religieuse. Le musicien considère son art comme une voie sure et respectée vers la réalisation de la divinité.

L’importance de la musique dans la culture hindoue peut être attestée au moins dès la période védique (environ 2000-1500 à 500 av. J.-C.) Le chant védique, avec sa notation ancienne et son intonation précise, pourrait bien représenter la tradition musicale continue la plus ancienne du monde.

La tradition védique

Certaines des principales caractéristiques de la tradition védique demeurèrent des concepts fondamentaux de la musique indienne classique, tandis que des styles complexes commençaient à s’épanouir et se multiplier dans maintes cours princières. Elles incluent une extrême précision de hauteur de ton, la clarté de tonalité, des principes de rythmes fondés sur la longueur de la syllabe plutôt que sur l’accent dynamique, un système de mélodie fondamentalement diatonique et modal, et le procédé mathématique de permutation appliqué à la réorganisation continuelle d’une suite d’éléments de base. Cette dernière pourrait impliquer, par exemple, l’exploitation des possibilités de combinaison d’un nombre limité de tons dans différentes séquences mélodiques. Traditionnel également est l’usage de gestes du corps pour souligner une phrase rythmique ou une ligne mélodique.

Les traités de musique, danse et art théatral, dont le premier connu est le Natyashastra, de Bharata (rédigé vers le IIe siècle apr. J.-C., ou peut-être plus tôt), définissent avec précision la théorie et la pratique musicales. Le Natyashastra traite la musique comme l’un des nombreux éléments unis dans le drame, mais les textes ultérieurs en font un sujet distinct. Le plus important est le Sangitaratnakara (XIIIe siècle).

Voix et instruments

Les textes considèrent généralement la musique sous deux aspects: gita (chant) et vadya (instrument). La base du système musical est la voix, utilisée comme un instrument. Les paroles jouent un rôle secondaire, souvent ce sont quelques mots répétés indéfiniment.

Dans le nord de l’Inde, il existe quatre genres de musique vocale: le plus ancien est le dhrupad (ses origines remontent au XVe siècle), qui peut aussi être instrumental. Il chante le thème unique de l’amour mystique et se développe à l’intérieur de dynasties musicales vani. Plus enjoué, le khyal permet plus de virtuosité dans les tana, traits mélodiques aux mélismes de plus en plus rapides et de plus en plus mêlés, dans une sorte de délire mélodico-rythmique, en fait rigoureusement contrôlé. Il existe d’autres formes plus légères: le thumri, le tarana et le ghazal. Tout comme le khyal, ces genres peuvent être instrumentaux. Le dernier genre vocal est le bhajan, chant religieux hindouiste souvent dédié à Krishna. La prédominance de la voix ne signifie pas pour autant que la musique instrumentale est mineure.

Les instruments sont rangés en quatre groupes. Les mélodiques, tata (à cordes) et susira (à vent), restent généralement proches du style vocal. Il existe un vaste éventail d’instruments de percussion, ghana (pleins ou idiophones) et avanaddha (tambours); la diversité des tambours, le raffinement de leur fabrication et la complexité de leur technique de jeu sont impressionnants.

Les instruments de musique – tambours, instruments à cordes (sans doute des harpes) et flûtes – sont mentionnés dans les hymnes védiques. Les bas-reliefs du IIe siècle av. J.-C. environ de Bharhut, Sanchi ou Amaravati offrent un témoignage d’une tradition déjà développée de musique et de danse de cour. L’orchestre, habituellement représenté dans de gracieuses sculptures, se compose d’une ou plusieurs harpes arquées, d’une flûte, d’un ou de plusieurs tambours, et parfois d’un luth à long manche. Souvent, il accompagne un groupe de trois ou quatre chanteuses, dont l’une bat la mesure avec des cymbales à main, et l’on voit parfois aussi évoluer une danseuse soliste ou un petit groupe de danseuses. L’épopée tamoule du IIe siècle apr. J.-C., le Shilappadikaramle lai de l’anneau») et les poèmes et drames de Kalidasa décrivent ces spectacles.

Le sitar est aujourd’hui le plus populaire des instruments à cordes de l’Inde du Nord, mais il faut également citer les vina (sarasvati vina dans le Nord, rudra vina dans le Sud), le sarode, le sarangi, le tampura (sorte de luth à quatre cordes), et enfin le violon, récemment introduit en Inde et surtout utilisé dans le Sud. Parmi les instruments à vent, la flûte traversière bansuri, faite d’un simple tube de bambou taillé par le musicien lui-même, est devenue un instrument majeur. Le hautbois shanai est remarquable par sa sonorité et ses nuances. Dans le Sud, le nagasvaram, sorte de hautbois, est le plus utilisé. Le gong indien tala est le principal instrument à percussion utilisé dans les rituels. Le mridangam, tambour ovoïde à deux faces, est le tambour classique de l’Inde, qui servait d’accompagnement de la musique noble, et reste très utilisé dans le Sud, alors qu’il tend à être remplacé par les tabla au Nord.

Théorie musicale

L’octave utilisé dans la musique indienne classique se divise en vingt-deux «micro-intervalles», ou «micro-tons», fixes shruti. Les diverses gammes modales, appelées raga à partir de la période médiévale, sont composées d’un choix de cinq, six ou sept de ces shruti organisés en progression d’échelle modale. Les échelles ascendante aroha et descendante avoroha et l’intervalle entre les notes du mode ne sont pas toujours semblables. Les raga reposent sur l’émotion, et certaines notes peuvent être abaissées ou montées pour donner plus d’effet mélancolique ou de brillance. Pour définir les modes, un motif de mélodie caractéristique pakad est nécessaire dans le sens où il sert de principe directeur à l’improvisation. Les musiciens actuels pratiquent environ trois cents compositions modales.

Les sept notes (svara) de la gamme sont nommées: shadja (la tonique), rishabha, gandhara, madhyama, panchama (la quinte), dhaivata et nishada. Depuis des temps très anciens, un système de solfège fondé sur les noms des sept svara (sha, ri, ga, ma, pa, dha et ni) a été utilisé en Inde tant comme notation que dans la composition et l’improvisation vocale.

Nombre de cycles rythmiques tala se sont développés, dont certains sont très complexes. Les unités de temps de base matra se groupent en unités plus grandes anga, et celles-ci se groupent pour former une mesure fixe de temps qui sera répétée dans toute la composition avarta. Par exemple, le tala rupak actuel de l’Inde du Nord consiste en trois anga de 3, 2, et 2 matra respectivement, se combinant pour former un avarta de sept temps. C’est l’une des nombreuses mesures qui peuvent être la base de la composition ou de l’improvisation.

Styles musicaux

Les deux principaux styles de musique indienne classique, l‘hindustani de l’Inde du Nord et la carnatique (du Karnataka) du Sud, remontent toutes deux pour leur théorie à des textes comme le Natyashastra et le Sangitaratnakara, mais diffèrent dans leur exécution par des détails importants. Des différences d’instruments, de raga et tala, de types d’ornementation et de formes musicales interviennent. Dans le Nord, la tradition plus ancienne et plus difficile du chant dhrupad a été largement remplacée par le khayal et la thumri, plus libres.

Un récital hindustani typique peut consister en une libre introduction alap indiquant le type de raga choisi, suivie d’une improvisation fondée sur une sorte de courte composition (khayal vocal ou gat instrumental) dans un tala particulier. La partie en tala est accompagnée par un tambour, généralement les deux petits tambours formant ensemble les tabla.

Dans l’Inde du Sud, les compositions sont souvent plus longues et suivent des formes musicales plus complexes. La musique du Sud a subi peu d’influences musulmanes, mais elle connaît encore celle des compositeurs classiques. Ainsi, de grands compositeurs, comme le sage Tyagaraja (1767-1847) ont créé des chants de dévotion kriti d’une profonde ferveur et d’autres compositions riches en imagerie poétique et contenu philosophique.

Les formes employées sont plus strictes que dans le Nord. Le gitam, mélodie simple sur un rythme uniforme, est réservé au travail technique, de même que le sarajwati, qui utilise des thèmes religieux ou épiques. Des compositions plus complexes sont jouées en concert, où plusieurs raga peuvent s’enchaîner dans le même morceau pour former une ragamalika, alors que l’esthétique prime dans l’interprétation du kriti. L’improvisation prend une place plus importante, à la fin du concert, avec le ragam, le tanam et le pallavi.

Outre les styles classiques majeurs, le sous-continent indien possède une vaste diversité de musique tribale, folklorique et populaire. Si les raga de la musique indienne classique ont de lointaines ressemblances avec la musique ancienne persane et grecque, la musique arabe et les modes de l’Europe médiévale, de nombreux types de musique folklorique et tribale, encore peu étudiés, représentent des systèmes musicaux assez différents.

Un nombre croissant d’artistes indiens des deux traditions, hindustani et carnatique, donnent des récitals en Europe et en Amérique. Des musiciens indiens sont allés enseigner leur art à l’étranger et un large éventail de musique indienne enregistrée attire un public occidental croissant. Ainsi, l’Inde, longtemps foyer d’influence musicale en Asie, procure aujourd’hui au monde entier une riche source d’expérience musicale.

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