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La musique tchèque

On ne dispose pas de connaissances sur la musique tchèque avant le Xe siècle. Pendant la période de la christianisation dominent encore les chants populaires païens désignés par l’Église comme diaboliques et, comme tels, réprimés. Mais la mémoire des temps païens se conservera cependant dans des chants et des chansons populaires, des complaintes chantées lors de certaines fêtes chrétiennes comme la Saint-Nicolas, Pâques ou Noël avec, par exemple, pour cette dernière célébration, les Koleda («nouvel an» en slavon). De nombreux cantiques de Noël, composés dès le haut Moyen Âge, s’inspirèrent de ces chants et invocations populaires liés à ce moment de l’année.

Au cours du Xe siècle, apparaît une musique liturgique marquée par un sentiment d’appartenance nationale, avec des cantiques chantés alternativement en latin et en tchèque. La musique profane de la République Tchèque est attestée par d’anciennes chroniques relatant des événements d’importance. On sait ainsi qu’une musique de fanfare a été jouée et que les jeunes gens ont dansé lors de l’intronisation à Prague de Bretislav II en 1092.

Origines de la musique tchèque

Les premiers manuscrits musicaux connus, un Proprium et un missel avec la notation de chants liturgiques, datent du XIe siècle. Le plus ancien des hymnes tchèques est un kyrie de plein chant, une psalmodie liturgique, le Hospodine pomiluj my (Seigneur, ayez pitié de nous), qui aurait semble-t-il pour auteur le second évêque de Prague, Adalbert (mort en 997).

Le Buoh vsemohuci, premier chant tchèque mesuré, qui emprunte son motif à la séquence latine Victimae paschali, apparaît au XIVe siècle. La notation musicale rudimentaire date du XIIIe siècle. L’usage des notes noires et blanches s’instaure au cours du XVe siècle, tandis que la forme arrondie des notes n’émerge qu’au siècle suivant.

Le moyen âge

La cathédrale Saint-Guy de Prague constitue tout au long du Moyen Âge le principal foyer de création de musique sacrée. Le premier orgue de Bohême y est construit en 1255. Un chœur de douze boni pueri (bons enfants) y est créé en 1229, complété en 1343 par vingt-quatre mansionarii, des clercs chanteurs occasionnels, puis par vingt-quatre clerici psalteri, chantant spécialement les psaumes et qui sont dirigés par un cantor, cependant que le nombre de choristes ne cesse de croître. L’université de Prague était tenue de fournir trente chanteurs choisis parmi les étudiants pauvres qu’on initiait aux chants religieux.

Avec les chansons d’étudiants et les ménestrels apparaît un nouveau genre musical profane. Il s’agit de sortes de drames ou de mélodrames, véritables spectacles populaires stigmatisant les vicissitudes de l’époque. Le genre se développe à partir de jeux dramatiques comme les passions ou les lamentations, interprétés lors des offices religieux par des étudiants et des acteurs associant duo polyphonique et musique primitive, en résonance avec la spontanéité populaire. L’un de ces jeux dramatiques, le Mastickar («le Guérisseur» ou «le Charlatan»), qui contient des couplets satiriques sur la médecine, connaît une grande popularité.

L’art de la musique tchèque

L’Ars Nova de la musique tchèque se développe en Bohême au cours du règne de Jean de Luxembourg (1310-1346), grâce notamment à Guillaume de Machaut qui entre au service du roi vers 1323. Mais c’est surtout sous le règne de son fils Charles IV que s’épanouissent véritablement les arts musicaux. Le monastère d‘Emmaus est à ce moment-là le foyer de la liturgie slave, cependant que le plain chant s’enrichit par le déchant. Ainsi se crée la première école de Bohême, caractérisée par une large ouverture aux influences étrangères, notamment au chant ambroisien, et par la préservation d’un art original basé sur les principes du chant grégorien et sur le respect des particularités locales, notamment sur la pérennité de la tradition byzantine.

Enseignement de la musique tchèque

L’université de Prague, fondée en 1348, enseigne la théorie musicale d’après la doctrine de Jean de Muris, ainsi que le principe des consonances. À cette école se rattachent les deux premiers compositeurs tchèques dont on connaît les noms et les ouvrages : Zavis z Zapy (1350-1411), musicien et poète, enseigne la musique à l’université. Il est l’auteur de chansons d’amour, d’un alleluia et d’un gloria, dans lesquels sont perceptibles les influences conjuguées du chant grégorien et du Minnelied tardif. Jan z Jenstejna (1350-1400), archevêque de Prague de 1380 à 1396, donne des compositions marquées par l’influence de l’école française. Comme celle de Zavis z Zapy, sa musique est monodique, mais plus proche de l’inspiration populaire, bien que la chant grégorien, selon l’Ars Nova, en constitue la base. On connaît de lui une séquence liturgique pour la fête de la Visitation, Decet hui us cunctis horis, offerte au pape Urbain VI.

.20 janv. 2008 ... Dans la musique tchèque, on pense évidement tout de suite à Antonin Dvorak et ses chefs-d'œuvres immortels comme la 9e symphonie ou le ....a possibilité vous est offerte, sur ces pages, de découvrir l'histoire de la musique tchèque ainsi que ses compositeurs les plus remarquables. Cette histoire ....À travers son histoire, la musique tchèque peut être considérée comme ayant apporté une large contribution au monde de la musique en Europe et dans le ...