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Allemagne – Histoire

Les Germains sont localisés pour la première fois avec certitude au milieu du IIe millénaire av. J.-C. dans le sud de la Scandinavie et le nord de l’Allemagne. Peu à peu, dans le courant du Ier millénaire, leur domaine s’étend vers le sud aux dépens de celui des Celtes.

Les Germains sont des pasteurs sédentaires organisés en tribus qui pratiquent aussi l’agriculture. Des recherches archéologiques ont permis de mettre au jour leur habitat: des maisons de bois et de pisé groupées en villages. La société germanique ne semble pas aussi égalitaire qu’on l’a longtemps cru: la population servile est relativement nombreuse (les esclaves sont souvent des prisonniers de guerre); le statut d’affranchi existe aussi dans cette société; au-dessus des simples hommes libres se détache une aristocratie.

La vie publique se réduit au sein de chaque tribu aux assemblées des hommes libres. Celles-ci prennent toutes les décisions importantes concernant la vie de la communauté: elles votent notamment la guerre et la paix et peuvent s’ériger en tribunal. En cas de guerre, un «duc» pris dans l’aristocratie est élu. Seule la religion offre aux Germains un élément d’identification collective.

Leur panthéon comprend plusieurs dieux dont le célèbre Wotan (Odin), guide des morts, seigneur de la magie et plus tard dieu de la Guerre. Le culte s’organise autour de processions, de banquets rituels et de sacrifices animaux et humains. Le domaine des Celtes, dont la culture est plus évoluée, commence au sud du Main.

La Germanie ancienne

Au cours du Ier siècle av. J.-C., les Germains, à la recherche de nouvelles terres, progressent massivement vers l’Allemagne intérieure, dans le sillage des Cimbres et des Teutons. Ils sont désormais installés au contact des Romains, qui mesurent la nécessité de protéger la Gaule contre cette vague d’expansion et lancent une offensive entre 12 av. J.-C. et 16 apr. J.-C.

Mais celle-ci se heurte à une forte résistance des Germains: lors de la bataille de la forêt de Teutoburg, en 9 apr. J.-C., trois légions romaines sont détruites. Les Romains ne parviennent finalement à contrôler que les régions situées en deçà du Rhin, ainsi que les champs Décumates, entre Rhin et Danube. Une puissante frontière fortifiée comprenant des camps de légions, des forteresses et des murailles est érigée: le limes. La plus grande partie de la Germanie reste donc hors du contrôle de Rome, mais elle n’en subit pas moins les influences de sa civilisation, en particulier grâce au commerce.

Aux IIe et IIIe siècles, des ethnies plus vastes se constituent, remplaçant les anciennes tribus: ainsi s’affirment les Suèves, les Alamans ou encore les Francs. Dans la seconde moitié du IIIe siècle, elles commencent à menacer gravement la stabilité du monde romain en lançant des raids au-delà du limes. Mais, dans le même temps, les armées romaines s’ouvrent largement aux Germains – notamment aux Francs, qui forment dès lors une part importante des contingents stationnés en Gaule pour défendre l’Empire.

La Germanie dans l’Empire franc

Les Francs, venus des régions du Rhin inférieur, migrent vers les provinces romaines de Gaule à partir du IVe siècle. Clovis, roi des Francs de Tournai au début du VIe siècle, réunit l’ensemble des tribus franques sous son autorité. Il s’assure la maîtrise de la Gaule du Nord (Belgique, Picardie, Île-de-France, Champagne) avant de s’attaquer aux régions plus orientales.

À sa mort, en 511, la domination des Francs sur les Alamans de Souabe et d’Alsace ainsi que sur les peuples du Rhin moyen est assise. Avant le milieu du VIe siècle, la Bavière et la Thuringe reconnaissent la suprématie franque, et la Frise est soumise en 689.

L’avènement des Carolingiens, au milieu du VIIIe siècle (Pépin le Bref est sacré en 751), donne une nouvelle impulsion aux conquêtes territoriales en Germanie. La Saxe est – difficilement – conquise au tournant du IXe siècle. De plus, le pouvoir de l’empereur carolingien sur toutes ces terres s’affermit: les duchés résultant des regroupements territoriaux du Bas-Empire romain (Bavière, Thuringe, Alémanie) perdent leur autonomie interne; Tassilon III en Bavière est le dernier duc à être déposé par Charlemagne en 788. Des comtes exécutent désormais les ordres venus du palais impérial tandis que des envoyés royaux, les missi dominici, sont chargés de les surveiller.

Ce contrôle territorial s’accompagne, sous l’impulsion des dynasties mérovingienne puis carolingienne, qui cimentent ainsi leur autorité, de la christianisation progressive de la Germanie. Les pays francs du Rhin et de la Moselle sont christianisés dès l’époque romaine. En revanche, au-delà du Rhin, le travail d’évangélisation est beaucoup plus tardif; il est le fait, aux VIe et VIIe siècles, de moines venus d’Irlande puis, au VIIIe siècle, de moines anglo-saxons.

Cette entreprise se heurte parfois à de fortes résistances: ainsi saint Boniface est-il assassiné par des Frisons au milieu du VIIIe siècle. Cependant, la religion chrétienne s’impose petit à petit: des évêchés sont créés et de nombreux monastères sont fondés dont certains atteignent vite une grande renommée, comme celui de Saint-Gall en Alémanie ou ceux de Corvey en Saxe et de Fulda en Thuringe.

La Germanie franque vit dans le cadre d’une économie essentiellement rurale. Les grands domaines carolingiens ne diffèrent guère dans leurs structures de ceux de la partie romane de l’Empire. Ils se divisent en deux parties: la réserve seigneuriale, où travaille une main-d’oeuvre domestique, et les manses, exploités par des tenanciers esclaves ou libres.

*Quelques places marchandes semblent se développer, telle Dorestad sur le Rhin, et l’existence de courants d’échange à travers la Germanie, depuis la mer du Nord jusqu’en Italie, est attestée.

L’oeuvre de Charlemagne en matière culturelle est capitale. Le palais d’Aix-la-Chapelle devient un centre actif d’érudition, d’enseignement de la théologie et des arts libéraux, et de production littéraire en langue latine autour de savants comme Alcuin ou Eginhard. Le rayonnement de ce centre dans tout l’Empire est tel que l’on qualifie la période de «renaissance carolingienne». Dans le même temps, l’empereur fait mettre par écrit des poèmes épiques en langue germanique.

La tradition franque des partages successoraux, à laquelle s’est rangé en 829 l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, entraîne une série de querelles entre ses fils Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve. Elles aboutissent en 843 au traité de Verdun, par lequel l’Empire est partagé en trois royaumes: la Francie occidentale, à l’ouest de la Meuse et du Rhône; la Francie orientale, à l’est du Rhin et au nord des Alpes; et la Francie médiane, longue bande s’étendant de la Frise à l’Italie du Nord.

Le titre d’empereur échoit le plus souvent aux princes de la Francie médiane. Avant la fin du IXe siècle, en Francie orientale comme dans les autres royaumes, l’émiettement territorial est général. Il s’opère selon les particularismes ethniques et régionaux: les anciens duchés de Bavière, de Souabe, de Franconie et de Saxe réapparaissent et la légitimité carolingienne s’estompe. En 900, le fils d’un bâtard carolingien est encore élu comme roi de Francie orientale, mais, en 911, les grands de Germanie choisissent pour souverain le duc de Franconie, Conrad Ier.

La Germanie médiévale

Au Moyen Âge, la Germanie s’étend vers l’est et devient le coeur du Saint Empire romain germanique, dont le chef s’affirme souvent contre la papauté. Cependant, l’empereur germanique – systématiquement un membre de la famille Habsbourg après 1438 – a le plus grand mal à imposer son autorité sur un territoire qui se divise en de multiples principautés.

Les dynasties impériales

En 919, le puissant duc de Saxe Henri Ier l’Oiseleur accède par élection à la royauté. Son fils Otton, élu à sa mort, choisit de se faire couronner à Aix-la-Chapelle, entendant ainsi restaurer l’héritage carolingien. À la faveur d’une série de rébellions manquées, grâce à une habile politique matrimoniale et en s’appuyant sur l’Église, il s’impose face aux ducs; surtout, il parvient à juguler la menace d’une invasion hongroise (victoire du Lechfeld en 955).

Dès lors est entamé un processus d’expansion germanique vers l’est qui se poursuit jusqu’au XIIIe siècle: le Drang nach Osten. La frontière politique de la Germanie atteint le cours de l’Oder et de la Neisse à la mort d’Otton, en 973.

Profitant du désordre qui règne dans la péninsule italienne, Otton s’empare de la couronne d’Italie en 951 et se fait sacrer empereur par le pape en 962. Ainsi prend fin la vacance officielle de l’Empire romain d’Occident qui dure depuis près d’un demi-siècle. Ses successeurs rêvent tous d’une construction impériale parfaite – l’empereur et le pape résidant à Rome –, mais l’autorité des Ottoniens sur l’Italie n’est jamais longtemps respectée.

À partir du milieu du XIe siècle, la papauté cherche par tous les moyens à s’émanciper du protectorat impérial établi sur elle par les Ottoniens. Sous la dynastie franconienne, inaugurée en 1024 par Conrad II le Salique, le pape et l’empereur se livrent une longue lutte connue sous le nom de querelle des Investitures (1075-1122), qui culmine lors du conflit entre Henri IV et le pape Grégoire VII et se solde par le concordat de Worms (1122). Le compromis est fragile et le problème de la domination sur le monde, revendiquée par le pape comme par l’empereur, n’est pas réglé.

Avec l’avènement en 1138 de Conrad III de Hohenstaufen (1093-1152) et surtout de Frédéric Ier Barberousse (1152-1190), les affrontements reprennent, en liaison cette fois avec la question de la domination de l’Italie: c’est la lutte du Sacerdoce et de l’Empire (1154-1250). Le conflit est long et confus, et il atteint son paroxysme sous le règne de Frédéric II (1212-1250), qui unit sous sa domination l’Empire et le royaume des Deux-Siciles; avec la mort de l’empereur (1250) assimilé à l’antéchrist, la papauté semble triompher, mais elle ne domine pas réellement l’Italie.

Le Grand Interrègne et la «royauté tournante»

À la mort de Frédéric II s’ouvre une période au cours de laquelle le pouvoir impérial s’efface de plus en plus: c’est le Grand Interrègne (1250-1273). La dynastie Hohenstaufen s’est éteinte et, pendant un quart de siècle, la couronne, disputée par une série de prétendants, échoit souvent à des princes étrangers, et aucun des souverains élus à cette époque ne ceint la couronne impériale.

À partir de 1273 et jusqu’en 1438, trois familles, les Habsbourgs, les Luxembourg et les Wittelsbach, accèdent alternativement au trône: c’est l’époque de la «royauté tournante». Si l’idée de l’Empire est encore vivace, le pouvoir réel de l’empereur est réduit: si ce dernierl dispose certes d’une administration centrale, sa législation n’est guère respectée.

Le principe de son élection, qui s’est constamment maintenu depuis la restauration de l’empire romain d’Occident par les Ottoniens, est réaffirmé et précisé en 1356 dans la Bulle d’or promulguée par l’empereur Charles IV (un Luxembourg). Désormais, l’élection impériale est confiée à sept Électeurs, princes ou évêques: les archevêques de Mayence, de Trèves et de Cologne, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, le comte palatin du Rhin et le roi de Bohême. L’empereur, affranchi de la tutelle papale, se trouve dès lors sous la dépendance des Électeurs, véritables rois sur leur territoire.

L’avènement des Habsbourg

Les trois familles dont les membres sont régulièrement élus à la tête de l’Empire assoient leur pouvoir sur des domaines personnels importants: ainsi les Luxembourg, qui acquièrent la Bohême en 1310 et la Hongrie en 1387, et les Habsbourgs, dont la montée en puissance à la fin du Moyen Âge est la donnée politique majeure dans le Saint-Empire et en Europe.

Les pays alémaniques (Suisse du Nord) sont le berceau de la famille, qui parvient, au milieu du XIVe siècle, à mettre la main sur le duché d’Autriche. Maximilien Ier, à la fin du XVe siècle, hérite également par son épouse des territoires du duché de Bourgogne. Dès le milieu du XVe siècle, la puissance composite de la dynastie des Habsbourg commence à être perçue comme une entité collective sous le nom de maison d’Autriche.

De 1438 jusqu’à la chute de l’Empire en 1806, ce sont constamment des membres de la famille des Habsbourg d’Autriche qui sont élus empereurs, avec seulement une brève interruption de 1740 à 1765. Dès son avènement, en 1493, Maximilien Ier cherche à assurer son autorité sur les chevaliers d’Empire – peu soucieux du pouvoir impérial – et à rétablir l’ordre dans son royaume divisé en près de trois cent cinquante États.

Méfiants à l’égard des ambitions de la maison d’Autriche, les princes allemands exigent l’institution d’un conseil administratif impérial, ou diète (Reichstag), destiné à superviser la politique du souverain. Au début du XVIe siècle, la diète d’Empire comprend les grands princes (les Électeurs), des nobles et des représentants des villes libres impériales. Mais elle ne devient jamais un véritable organe de gouvernement, les princes s’employant plus à paralyser le pouvoir impérial qu’à assumer la responsabilité des affaires publiques.

Engendrée par la Réforme, la nouvelle opposition entre catholiques et protestants a raison de la diète et laisse l’Allemagne plus divisée que jamais.
Le dynamisme économique de l’Europe est patent au XVe siècle; il s’illustre en particulier dans la prospérité des villes, notamment des grandes cités commerciales du Nord unies autour de Lübeck dans la Ligue hanséatique.

L’essor de l’artisanat, du commerce et de l’industrie au XVe siècle s’accompagne de progrès techniques considérables, dont le plus célèbre est l’invention des caractères d’imprimerie mobiles par Johannes Gutenberg.

Religion et absolutisme

Le 31 octobre 1517, Martin Luther placarde sur la porte de l’église de Wittenberg ses 95 thèses condamnant la vente d’indulgences par l’Église catholique romaine. Cet événement marque le début de la Réforme protestante et bouleverse l’évolution religieuse, culturelle et politique de l’Allemagne.

La Réforme

La dénonciation par Luther des abus de l’Église romaine a rapidement d’amples répercussions politiques et sociales. Dans la plupart des régions d’Allemagne (Hesse, Souabe, Franconie, Thuringe, Saxe), les paysans, exploités et opprimés par l’aristocratie terrienne, tirent parti de l’opposition religieuse pour fomenter un vaste soulèvement contre l’ordre établi, appelé «guerre des Paysans». La révolte, qui débute en 1524, est écrasée dès 1525, non sans que Luther ait désavoué les insurgés. Après cet échec, le radicalisme religieux et social demeurera vivace dans les sectes anabaptistes.

Toujours à l’affût de moyens d’affirmer leur puissance face à l’empereur résolument catholique, et jaloux des biens, des pouvoirs fiscaux et des fonctions juridictionnelles de l’Église, la plupart des princes allemands embrassent le protestantisme avec enthousiasme. L’empereur Charles Quint doit alors faire face à la double révolte des princes luthériens et des villes libres regroupés dans la ligue de Smalkalde (1531-1547) ainsi qu’à une invasion massive de l’Europe du Sud-Est par les Turcs.

Au terme d’une lutte longue et acharnée entre catholiques et protestants, la paix d’Augsbourg, signée en 1555, consacre l’échec de l’unification religieuse de l’Empire désirée par Charles Quint: le luthéranisme est désormais reconnu comme religion officielle dans la plupart des principautés et des villes de l’Allemagne septentrionale et centrale, tandis que l’Allemagne du Sud reste majoritairement catholique.

La guerre de Trente Ans

La paix d’Augsbourg, qui préconise le statu quo politique et religieux, ne peut constituer qu’une trêve. Après 1555,luthéranisme et calvinisme continuent de progresser en Allemagne, au grand effroi des princes catholiques et des dignitaires de l’Église. Les Habsbourg n’ont pas non plus renoncé à leur projet de transformation de l’Empire en un État moderne centralisé.

Ces évolutions conflictuelles débouchent sur la guerre de Trente Ans (1618-1648), au cours de laquelle les États protestants ont le plus grand mal à défendre leurs positions malgré le soutien apporté par la Suède et la France – qui souhaitent limiter la puissance des Habsbourg en maintenant la division du Saint-Empire. Quand, en 1648, le traité de Westphalie met un terme aux hostilités, l’Allemagne, ruinée, est déchirée : elle comprend plus de trois cents États, tous souverains en pratique, sans aucun pouvoir central effectif.

L’avènement de la Prusse

Bien que plusieurs États allemands, comme la Bavière ou la Saxe, aient acquis puissance et richesse depuis la fin du Moyen Âge, c’est une principauté aux origines modestes qui réalise finalement l’unité allemande. Marche établie au XIIIe siècle dans la plaine d’Allemagne du Nord sur d’anciennes terres slaves, le Brandebourg prend son essor au XVIIe siècle sous la férule des Hohenzollern.

En 1618, le margrave de Brandebourg hérite du duché de Prusse, lointaine terre orientale des bords de la Baltique conquise par les chevaliers Teutoniques entre 1230 et 1280. En 1648, le traité de Westphalie permet à la Prusse-Brandebourg d’étendre encore ses territoires.

Parmi les premiers souverains de la dynastie des Hohenzollern se distinguent Frédéric-Guillaume, grand Électeur de Brandebourg de 1640 à 1688, et son petit-fils Frédéric-Guillaume Ier, roi de Prusse de 1713 à 1740) – les princes de Prusse-Brandebourg ayant reçu en 1701, avec Frédéric Ier, le titre de roi de Prusse en échange de leur soutien à l’empereur Léopold dans la guerre de la Succession d’Espagne.

Dans un dessein à l’origine défensif, à la suite des terribles ravages de la guerre de Trente Ans, la Prusse s’est constitué une armée puissante, beaucoup plus importante que celle des États allemands de population comparable. Frédéric II, dit le Grand, qui règne de 1740 à 1786, emploie cette puissance militaire à des fins d’expansion: la guerre de la Succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763) s’achèvent sur l’annexion à la Prusse de la riche province de Silésie, auparavant possession autrichienne. Frédéric le Grand participe également, en 1772, au premier partage de la Pologne avec la Russie et l’Autriche.

À l’instar des autres despotes éclairés du siècle des Lumières, il applique des méthodes autoritaires pour moderniser le gouvernement et la société, prenant soin cependant de ménager l’influente classe des nobles terriens, les junkers.
À la mort de Frédéric le Grand, la Prusse est le royaume le plus étendu et le plus puissant de l’Allemagne divisée.

L’Autriche, cependant, est encore considérée comme l’État allemand dominant. Mais les guerres avec la Prusse ont révélé ses faiblesses, et les réformes centralisatrices de l’impératrice Marie-Thérèse et de son fils Joseph II lui ont attiré, à l’intérieur des possessions si disparates des Habsbourg, l’hostilité d’un grand nombre de ses sujets.

Vers l’unité allemande

Au cours des guerres révolutionnaires puis napoléoniennes, l’Allemagne est conquise par la France, ce qui fait naître dans le peuple allemand un sentiment unitaire et nationaliste. La Prusse vaincue par Napoléon entreprend de profondes réformes militaires et sociales, avant de prendre la tête des États allemands dans la guerre de libération contre l’Empire français, et de les mener à la victoire en 1813.

La Confédération germanique (1815-1867)

Mais le rêve des nationalistes allemands est annihilé par les artisans du congrès de Vienne (1814-1815), qui restaurent la plupart des princes dans leurs prérogatives, conservant toutefois la structure politique simplifiée mise en place par Napoléon, soit une confédération de trente-huit États dotés chacun d’une grande autonomie. La Confédération germanique est placée sous l’autorité des Habsbourg, mais il s’agit d’une présidence honorifique: les souverains de Vienne ne portent plus désormais que le titre d’empereur d’Autriche. La Prusse passe momentanément à l’arrière-plan, se contentant d’instituer en 1834 le Zollverein, union douanière regroupant la majorité des États allemands.

Au cours des trois décennies qui suivent le congrès de Vienne, la réaction conservatrice incarnée par le ministre des Affaires étrangères autrichien Metternich est de plus en plus battue en brèche par les idées libérales inspirées de la Révolution française et par l’idéologie nationaliste. Conjuguée aux revendications de changement, la dépression économique précipite la révolution de 1848, qui contraint presque tous les États allemands à faire des concessions libérales; des représentants sont élus à une convention nationale, la diète de Francfort, chargée de réaliser l’unité allemande et de donner une Constitution au pays.

Cependant, les divisions au sein du mouvement révolutionnaire et l’opposition obstinée de la Prusse conservatrice – Frédéric-Guillaume IV refuse d’être le monarque constitutionnel de l’Allemagne unifiée – sont à l’origine de l’échec de la révolution, en 1849.

L’unification allemande par Bismarck

Le nationalisme allemand est remis à l’honneur en 1862 par le nouveau ministre-président de la Prusse, Otto von Bismarck. Conservateur et patriote, ce dernier est déterminé à ravir la thématique nationaliste aux libéraux et à assurer l’hégémonie de la Prusse sur une Allemagne unifiée. La guerre contre le Danemark, menée conjointement avec l’Autriche, en 1864, se solde par la cession du Schleswig à la Prusse et par celle du Holstein à l’Autriche. Une querelle au sujet de l’administration du Holstein fournit à Bismarck le prétexte pour attaquer – et vaincre – les Autrichiens lors de la guerre austro-prussienne de 1866.

Prenant soin d’écarter Vienne des affaires allemandes, Bismarck institue en 1867 la Confédération d’Allemagne du Nord, qui rassemble les États allemands septentrionaux sous l’autorité d’un gouvernement fédéral dominé par la Prusse. Trois ans plus tard, lors de la guerre franco-allemande, les États du Sud (Bavière, Bade, Wurtemberg, Palatinat) acceptent d’entrer dans la Confédération et, le 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces à Versailles, le roi de Prusse Guillaume Ier est couronné empereur du nouveau Reich (Empire) allemand.

Bismarck réussit «par le fer et par le sang» là où les libéraux ont échoué. Ces derniers, complètement balayés de la scène politique, doivent s’empresser de conclure la paix avec le tout-puissant ministre prussien. Ainsi l’Allemagne trouve-t-elle enfin son unité, mais la mise en oeuvre de la démocratie y est considérablement retardée.

 

L’Allemagne impériale

Bismarck dote la nouvelle Allemagne d’une structure politique autoritaire. Le IIe Reich conserve la Constitution élaborée pour la Confédération d’Allemagne du Nord, qui prévoit l’élection démocratique d’un Parlement, le Reichstag, mais dont les pouvoirs sont limités aux seules matières budgétaires. L’Empire est organisé sur une base fédérale, certaines compétences relevant des États. Cependant, le pouvoir réel au sein du gouvernement central est entre les mains du roi de Prusse – investi du titre d’empereur (Kaiser) – et de ses conseillers. Aussi longtemps que règne Guillaume Ier, c’est-à-dire jusqu’en 1888, c’est Bismarck, le chancelier de l’Empire, qui décide de la politique à suivre dans pratiquement tous les domaines.

La politique bismarckienne

Pour avoir prise sur le Reichstag, Bismarck encourage la formation de coalitions diverses, le plus souvent dénuées d’objectifs politiques cohérents. Il commence par s’allier aux libéraux, ses ennemis de naguère, afin de stimuler le capitalisme commercial et industriel. Parallèlement, il combat l’importante minorité catholique et son organisation politique, le parti du Centre, qu’il accuse d’être ennemis du Reich. Cette campagne très âpre, connue sous le nom de Kulturkampf («combat pour la civilisation»), est menée de 1871 à 1878; elle rencontre la résistance farouche des catholiques allemands. Désapprouvé par l’empereur et les conservateurs prussiens, Bismarck doit finalement transiger et rétablir l’Église dans ses droits (en matière d’enseignement notamment).

À partir de 1878, le chancelier cherche à faire alliance avec les conservateurs. Il lui apparaît en effet que le meilleur moyen de lutter contre la dépression économique est de pratiquer des tarifs douaniers élevés, politique protectionniste acceptable pour des esprits conservateurs mais non pour des libéraux.

L’ennemi, pour Bismarck, a changé: c’est désormais le parti social-démocrate (SPD), organisation marxiste modérée qui représente la classe ouvrière allemande alors en pleine croissance. En 1878, Bismarck promulgue des lois d’exception contre le SPD et tente parallèlement de se rallier les ouvriers par l’institution d’un système général de sécurité sociale, le premier au monde. Mais il échoue à éliminer les socialistes.

Le chancelier mène une politique étrangère plus habile que sa politique intérieure. N’ayant plus de visées territoriales depuis l’annexion de l’Alsace-Lorraine, propriété indivise des États allemands, il entreprend d’assurer la stabilité en Europe. Travaillant à l’isolement de la France, dont il cherche à détourner le désir de revanche en cautionnant sa politique coloniale, il conclut la Triple-Alliance avec l’Autriche et l’Italie, en 1882, et signe un pacte de contre-assurance avec la Russie en 1887. Il n’engage que tardivement, et sans grande conviction, une politique d’expansion coloniale, pour se gagner le soutien des nationalistes et des milieux d’affaires de l’Empire. En 1890, ayant perdu le contrôle sur le Reichstag, il envisage de recourir à la force pour modifier la Constitution, quand le nouvel empereur, Guillaume II, le contraint à se démettre.

Le règne de Guillaume II

Guillaume Ier a eu pour successeur éphémère (moins de quatre mois) son fils Frédéric III; son petit-fils Guillaume II règne en revanche pendant trente ans, de 1888 à 1918. Le jeune Guillaume n’apprécie ni la mainmise exclusive de Bismarck sur le gouvernement de l’Allemagne, ni ses tentatives de soumettre les minorités par la force. Après avoir écarté le chancelier du pouvoir, il s’essaie à gouverner seul.

Le nouvel empereur cherche à se concilier la classe ouvrière allemande en abrogeant les lois antisocialistes et en développant le système des lois sociales. Peu disposé cependant à sacrifier à la démocratie politique, il s’oppose résolument au SPD et aux libéraux représentant la classe moyenne, qui réclament la réforme de la vieille Constitution prussienne et l’attribution de pouvoirs réels au Reichstag. L’essor des idées réformistes et l’indignation suscitée par les bévues répétées de Guillaume II préparent le conflit constitutionnel qui éclate à la veille de la Première Guerre mondiale.

L’une des plus importantes doléances des réformistes concerne la politique étrangère hésitante que mène Guillaume II, conseillé par le diplomate Friedrich von Holstein et par Bernhard von Bülow, qui devient secrétaire d’État aux Affaires étrangères en 1897 puis chancelier d’Empire en 1900. L’empereur mécontente la Grande-Bretagne par sa course aux armements navals, sans apaiser l’hostilité de la France, dont il contrecarre les ambitions coloniales.

En outre, incertain de pouvoir maintenir de front les alliances avec les deux puissances qui se disputent les Balkans, l’Autriche et la Russie, il opte pour l’Autriche et ne reconduit pas, en 1890, le pacte de contre-assurance avec la Russie. Celle-ci se tourne alors vers la France, avec laquelle elle s’allie en 1894. Quand von Bülow est remplacé, en 1909, par un chancelier plus modéré, Bethmann-Hollweg, l’Allemagne ne peut plus compter que sur un seul allié, l’Autriche-Hongrie.

Ces erreurs politiques sont toutefois contrebalancées par de brillantes réalisations économiques et scientifiques. Stimulé par les subventions gouvernementales et l’étroite collaboration entre banquiers et industriels, le pays connaît un véritable boum économique entre 1870 et 1910. La production allemande d’acier représente en 1910 le double de la production britannique. La science et la technologie allemandes, soutenues par un système de recherche et d’enseignement universitaire très élaboré, sont alors considérées comme les meilleures au monde.

La Première Guerre mondiale

En 1914, l’Allemagne contribue à précipiter la guerre par son ardeur excessive à soutenir l’Autriche dans le conflit qui l’oppose à la Russie sur la question serbe. Guillaume II lance un ultimatum au tsar et déclare la guerre à la Russie et à la France, conformément au plan de guerre conçu en 1905 par le maréchal von Schlieffen. La plupart des Allemands, même les membres du SPD, entament les hostilités dans une atmosphère d’«union sacrée» symétrique de l’état d’esprit français, mais ils évoluent bientôt devant l’impossibilité d’une prompte victoire et l’ampleur des restrictions alimentaires.

Malgré la victoire sur la Russie (1917), ils sont de plus en plus nombreux à espérer une sortie honorable du conflit. En novembre 1918, quand il devient évident que l’Empire doit négocier et alors que le mouvement spartakiste gagne l’opinion, les généraux eux-mêmes demandent l’abdication de l’empereur. Guillaume II s’exile aux Pays-Bas, et les sociaux-démocrates prennent les rênes du pouvoir: ils proclament la République et mettent un terme à la guerre. Le 28 juin 1919, ils doivent signer le traité de Versailles, qui retire à l’Allemagne l’Alsace-Lorraine, restituée à la France, les districts d’Eupen et de Malmédy, cédés à la Belgique, la Posnanie et une partie de la Prusse-Occidentale formant le «couloir de Dantzig», données à la Pologne.

La République de Weimar

Née de la défaite, la République de Weimar s’édifie très difficilement dans un pays où les traditions démocratiques sont faiblement enracinées. En 1918 éclatent dans tout le pays des mouvements insurrectionnels spontanés qui se structurent sous l’impulsion des spartakistes (courant révolutionnaire minoritaire du SPD, dirigé par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg).

La répression orchestrée par les sociaux-démocrates au gouvernement est sanglante et leur aliène à jamais le soutien des socialistes révolutionnaires et des communistes. Par ailleurs, la République de Weimar doit assumer la responsabilité du traité de Versailles, que les Allemands ressentent comme un intolérable Diktat. Une Constitution démocratique et libérale est promulguée en 1919, mais les adversaires du gouvernement sont nombreux: communistes, opposition de droite, groupes paramilitaires d’anciens combattants, corps francs, etc.

À l’extrême droite se crée le parti national-socialiste, ou nazi, qui se signale très vite par des tentatives de putsch, comme celle de 1923 à Munich. En 1922, l’inflation s’aggrave brutalement. La situation financière est assainie, en 1924, avec la création du Reichsmark inconvertible mais gagé sur l’or et la mise en application du plan Dawes, qui lie le paiement des réparations de guerre à l’évolution économique de l’Allemagne. Dès lors, l’économie connaît une croissance remarquable, et d’énormes konzerns se constituent.

La crise économique de 1929 compromet cette prospérité retrouvée: la production industrielle s’effondre, les chômeurs sont 6 millions en 1932. Le discrédit est porté sur la république parlementaire; les gouvernements se succèdent, impuissants à résoudre la crise, tandis que les partis d’opposition progressent. Les nazis ont obtenu le soutien d’une partie des milieux d’affaires. Grâce aux voix des classes moyennes particulièrement touchées par le marasme économique, ils réalisent une rapide percée électorale et, le 30 janvier 1933, le maréchal Hindenburg, président de la République, nomme Adolf Hitler chancelier.

La dictature nazie

En l’espace de quelques mois, l’Allemagne est mise au pas: partis politiques et syndicats indépendants sont interdits à la suite de l’incendie du Reichstag (27 février 1933), attribué aux communistes. Le 2 août 1934, la mort de Hindenburg fait de Hitler le maître absolu de l’Allemagne, le Reichsführer. Le parti nazi prend en charge l’encadrement de la population. Une sauvage répression s’abat sur les adversaires du régime et sur tous ceux qui ne font pas partie de ce que les nazis appellent la «race aryenne».

Hitler entreprend de réarmer le pays, fait fonctionner l’économie en autarcie et mène une politique de grands travaux qui lui permet de réduire le chômage. En trois ans, il brise toutes les limitations du traité de Versailles: il rétablit le service militaire, remilitarise la Rhénanie, intervient dans la guerre d’Espagne, avant d’imposer l’annexion de l’Autriche, l’Anschluss, en 1938.

Par peur de déclencher la guerre, les démocraties occidentales acceptent le démembrement de la Tchécoslovaquie au bénéfice du IIIe Reich (conférence de Munich, 1938), mais elles mobilisent quand les troupes du Führer envahissent la Pologne, le 1er septembre 1939.

L’Allemagne depuis 1945

Après la capitulation sans condition, le 8 mai 1945, le pays, en ruine, n’est plus un État souverain: son territoire, partagé en quatre zones occupées par les puissances alliées, est amputé à l’est au profit des Soviétiques et des Polonais. Partout on démilitarise et on dénazifie. Mais les divergences entre Alliés paralysent bientôt le régime quadripartite.

En 1947, les zones américaine et anglaise fusionnent, rejointes en 1948 par la zone française. Une monnaie commune est instaurée par les Occidentaux, qui veulent en imposer l’usage à Berlin. Les Soviétiques réagissent en bloquant tous les accès routiers et ferroviaires à la capitale en juin 1948. Un gigantesque pont aérien est alors organisé: Staline doit lever le blocus un an plus tard, mais la coupure de l’Allemagne en deux est consommée.

Le 8 mai 1949, les délégués des dix Länder de l’Ouest votent la Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne (RFA), tandis que, dans la zone soviétique, est créée en octobre 1949 la République démocratique allemande (RDA).

La RFA

La Loi fondamentale instaure un équilibre des pouvoirs entre les Länder et le Bund (la fédération), comme entre l’exécutif et le législatif. Trois partis animent la vie politique: le SPD, le plus ancien, abandonne la référence marxiste en 1959 et se présente comme un grand parti de masse; la CDU (Union chrétienne-démocrate) est une organisation de cadres et de notables; enfin, le parti libéral (FDP) a une audience beaucoup plus réduite.

Majorités CDU et SPD alternent au Parlement. À partir de 1980, les écologistes (les «Verts»), qui développent un projet de société alternatif, s’imposent dans le paysage politique.
La croissance économique des années 1950 et 1960 est telle qu’on peut parler de «miracle allemand». Cet essor est fondé sur un énorme potentiel industriel, une main-d’oeuvre qualifiée, l’aide américaine et une forte demande.

Mais il repose aussi sur un capitalisme qui laisse une large place à la cogestion avec les syndicats dans les entreprises. L’excédent de la balance commerciale amène à trois reprises une réévaluation du Deutsche Mark.

Dans le contexte international de la guerre froide, le chancelier chrétien-démocrate Konrad Adenauer décide d’intégrer la RFA au bloc occidental: en 1954, les accords de Paris scellent son adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN); des forces armées, certes modestes, sont reconstituées.

Le statut d’occupation disparaît en 1954, et c’est en tant qu’État souverain que la RFA signe en 1957 le traité de Rome fondant le Marché commun. Au début des années 1970, le chancelier social-démocrate Willy Brandt, convaincu du caractère durable de la division de l’Allemagne, met en oeuvre l’Ostpolitik: la RFA reconnaît la RDA; des accords sont signés, qui permettent l’entrée des deux Allemagnes à l’ONU en 1973.

La RDA

Dès sa fondation, la RDA s’inscrit fidèlement dans le programme soviétique de développement, qui préconise une stricte planification et donne la priorité aux industries de base. L’établissement du socialisme ne va pas sans contestation: en témoignent une révolte ouvrière à Berlin-Est en 1953, et un exode massif vers l’Ouest que stoppe, en 1961, la construction du «mur de Berlin».

Contrairement à la RFA, la RDA est dirigée de façon très centralisée et le président de la République, qui est aussi chef du Parti socialiste unifié (SED, communiste), est le personnage le plus important du pays. À l’inverse d’autres démocraties populaires, la RDA ne manifeste aucune divergence de vues avec Moscou. Elle devient rapidement le pays le plus industrialisé du bloc soviétique, au prix d’un véritable saccage de l’environnement. Dans les années 1980, avec le vieillissement des installations, le potentiel économique se dégrade et la croissance ralentit.

La réunification

L’ouverture du «rideau de fer» en Hongrie au printemps 1989, dans le contexte de la perestroïka, provoque la ruée de milliers d’Allemands de l’Est hors de leur pays. De grandes manifestations populaires conspuent le régime, qui finit par céder devant la pression de la rue.

En novembre 1989, le mur de Berlin tombe. Dès le 3 octobre 1990, un traité d’union met fin à la division opérée en 1949 et, en décembre, les premières élections de l’Allemagne unie sont remportées par le chancelier Helmut Kohl et la coalition CDU-FDP – qui le soutient.

Des traités sont signés avec l’URSS, la Pologne, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, reconnaissant les frontières nées de la Seconde Guerre mondiale. Alors que le territoire de l’ancienne RDA – dont l’intégration à l’économie de marché s’est d’abord traduite pour beaucoup d’Allemands de l’Est par le chômage – devient un grand chantier, le chancelier Kohl est une nouvelle fois réélu en octobre 1994. Gerhard Schröder lui succède en octobre 1998, et Johannes Rau est élu à la présidence du pays en mai 1999.

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