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Belgique – Histoire

Des traces d’occupation humaine, vieilles de quelque 400 000 ans, ont été retrouvées dans la vallée primitive de l’Amblève, à Sprimont, et au sud de Mons, vers Spiennes. Les restes découverts en 1886 dans la grotte de Spy, près de Namur, et les témoins de l’art mobilier magdalénien livrés par plusieurs grottes de la vallée de la Lesse attestent que le sol de la Belgique fut occupé ensuite par l’homme de Néanderthal, puis par l’homme de Cro-Magnon.

Vers le début du IVe millénaire, les chasseurs nomades sont remplacés par les premiers agriculteurs, qui s’établissent en Limbourg, puis en Hesbaye liégeoise (Darion) et enfin en Hainaut occidental (Blicquy); ces hommes appartiennent à la civilisation dite rubanée, d’après les décors aux tracés en rubans qui ornent leurs poteries. Parmi les vestiges du néolithique, on signalera encore les outils en silex de Spiennes et les sépultures mégalithiques de Wéris, près de Durbuy.

Partie nord-est de la Gaule, la Gaule Belgique était plus étendue que la Belgique actuelle. Au cours du Ier millénaire av. J.-C., des peuplades d’origine indo-européenne, appartenant au groupe des Celtes, occupent, par vagues successives, l’espace de la Belgique actuelle. Leur unité s’exprime par la langue et la religion (le druidisme).

Antiquité

Quand Jules César pénètre en Gaule (58 av. J.-C.), il empêche la coalition de toutes ces tribus «belges» et, en peu de temps, vainc les Nerviens, défait les Aduatiques, soumet les Ménapiens et les Morins, réprime le soulèvement des Trévires et des Éburons (Ambiorix). Il divise ensuite la Gaule en quatre provinces, dont trois couvrent l’espace belge: la Germanie inférieure (ouest du pays), la Belgique Première (sud de la province actuelle de Luxembourg), avec pour capitale Trèves, et la Belgique Seconde (est du pays), avec pour capitale Reims.
Au cours de la longue période de paix qui suit (pax romana), la Belgique romaine s’organise: division du pays en circonscriptions ou «cités», aménagement de voies rapides (les chaussées romaines) – entre Bavai et Cologne, via Tongres, entre Reims et Cologne, via Arlon –, construction des premières villas romaines, développement de l’agriculture.

Au Bas-Empire, tandis que le christianisme commence à se répandre dans certaines villes, notamment à Tongres (dont l’évêque, au milieu du IVee siècle, est saint Servais), des vagues successives de peuplades germaniques, dont les Francs, pénètrent et s’implantent en Gaule.

Moyen Âge

Au Ve siècle, les Francs, installés définitivement sur le territoire de la Belgique, choisissent Tournai comme capitale. Le royaume de Clovis s’étend jusqu’aux Pyrénées, mais son unité sera brisée par la coutume franque des partages, et la Belgique actuelle divisée entre l’Austrasie et la Neustrie par une frontière dans le sens nord-sud.

Des Mérovingiens aux Carolingiens

Sous les rois mérovingiens, particulièrement au VIIe siècle, «siècle des saints», le pays subit une seconde vague d’évangélisation et voit la création des premières abbayes.
Au milieu du VIIIe siècle, alors que l’autorité des Mérovingiens est passée depuis longtemps aux mains des maires du palais, l’un de ces derniers, Pépin le Bref, dépose le dernier roi, s’empare du trône et se fait sacrer solennellement roi par le pape, à Reims, fondant la dynastie carolingienne.

Son fils, Charlemagne, s’emploiera à refaire l’unité de l’Empire romain et, en l’an 800, se fera sacrer empereur des Romains par le pape Léon III. Le centre de gravité de son vaste empire est la région Meuse-Rhin: Aix-la-Chapelle est sa capitale, le palais de Herstal, aux portes de Liège, une de ses résidences. L’économie reste rurale et domaniale, mais le développement du trafic commercial favorise l’essor des villes.

À la faveur du traité de Verdun (843), l’Empire carolingien est partagé en trois parties, dont deux seulement couvrent le territoire de la Belgique: la Francia occidentalis, limitée à l’ouest par l’Escaut, que reçoit Charles le Chauve, et la Francia media, qui s’étend jusqu’à l’est du Rhin (et au sud de Rome) et échoit à Lothaire.

Le début de la féodalité

Au début du Xe siècle, ce royaume central, qui a subi les raids des Vikings et s’est divisé à son tour, est réuni à l’Empire; sa partie septentrionale, appelée Lotharingie, va se morceler en un certain nombre de seigneuries indépendantes : le comté de Louvain, qui deviendra le duché de Brabant, celui de Looz (Limbourg actuel), qui sera incorporé au XIVe siècle à la principauté de Liège, le comté de Namur, les duchés de Hainaut, de Limbourg et de Luxembourg, les principautés de Liège (épiscopale) et de Stavelot-Malmedy (abbatiale). À la fin du Xe siècle, Charles de France, père du roi de France, vassal de l’empereur Otton, fonde le Castrum de Bruxelles. Des cités-États acquièrent la prospérité au XIIe siècle.

Le suzerain de la plupart des princes territoriaux de la future Belgique est donc l’Empereur; tandis que le puissant duché de Brabant noue des alliances matrimoniales avec les souverains français. Les relations du comté de Flandre avec le roi de France sont parfois difficiles, comme en témoigne la célèbre bataille des Éperons d’or (Courtrai) qui, le 11 juillet 1302, mit fin, pour un temps, à la domination française.
Dans la nouvelle Belgique fédérale, ce 11 juillet est devenu le jour de la fête de la Communauté flamande. [Quant à celui choisi pour la fête de la Communauté française, s’il ne rappelle aucune des étapes du combat mené parallèlement par la partie orientale pour s’affranchir de la tutelle impériale, il est lui aussi symbolique: chaque 27 septembre, les francophones de Belgique se souviennent que, ce jour-là, en 1830, ils se sont débarrassés du joug hollandais.]

La limitation du pouvoir princier

À partir du XIe siècle et surtout du XIIe siècle, les princes des deux parties du pays durent compter avec les bourgeois de leurs villes et leur concéder des privilèges (la charte urbaine la plus ancienne est celle obtenue par Huy, en 1066). En Brabant et en Flandre, comme à Liège, ils durent ensuite accepter de soumettre certaines de leurs décisions à l’approbation d’assemblées (ou États) réunissant des délégués du clergé, de la noblesse et de la bourgeoisie. Deux documents témoignent particulièrement de cette limitation du pouvoir princier: la paix signée à Fexhe, près de Liège, en 1316 et l’acte, connu sous le nom de Joyeuse Entrée, accordé en 1356 par le duc de Brabant, qui constituent le fondement des libertés publiques liégeoises et brabançonnes.

Temps modernes

À partir de la fin du XIVe siècle, les ducs de Bourgogne, par un subtil jeu d’alliances matrimoniales et d’héritages, vont s’attacher à rassembler l’ensemble des Pays-Bas (comprenant notamment les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg actuels); le duc de Bourgogne, Philippe III le Bon, unifie sous son autorité toutes les principautés de l’espace belge, à l’exclusion de celle de Liège, qui ne sortira toutefois pas indemne de l’aventure (Dinant et Liège seront mises à sac par Charles le Téméraire en 1466 et 1468). Indépendantes, mais unies en la personne du duc, les principautés sont soumises à des institutions et à une administration centralisées. La cour ducale de Bruxelles répand l’usage du français. Ces «pays de par-deçà» seront, au XVe siècle, un des principaux foyers culturels et artistiques de l’Occident, avec l’Italie.

De Marie de Bourgogne à Charles Quint

En 1477, par le mariage de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire (mort cette année-là), avec l’archiduc d’Autriche, le futur empereur Maximilien Ier, les principautés bourguignonnes passent dans les mains des Habsbourgs. Leur petit-fils Charles, futur Charles Quint (né à Gand, couronné en 1516 à Bruxelles), en héritera en 1515.

Rassemblant sous son autorité ce que l’on appelle parfois les Dix-sept Provinces des Pays-Bas (approximativement la Belgique et les Pays-Bas actuels), il poursuit l’oeuvre de centralisation commencée sous les ducs de Bourgogne, puis reprise par son père, Philippe le Beau, et, par la Pragmatique Sanction de 1549, stipule que ces Provinces, où, comme en Allemagne, il s’efforce d’enrayer la diffusion du luthéranisme, forment un tout indivisible et impartageable. Absorbé par ses multiples tâches en Europe, Charles Quint abandonne toutefois l’administration du pays à sa tante Marguerite d’Autriche, puis à sa soeur Marie de Hongrie, sous le gouvernement de laquelle Bruxelles remplace Malines comme capitale du pays.

Les Provinces-Unies

Préférant l’Espagne aux Pays-Bas, le fils de Charles Quint, Philippe II, ardent défenseur du catholicisme (il crée de nouveaux évêchés en 1559), se fait représenter par des gouverneurs qui, tel le duc d’Albe, poursuivent avec acharnement la répression du protestantisme et le renforcement du pouvoir royal.

L’ordre et le catholicisme doivent absolument régner dans les Pays-Bas espagnols: les troupes d’occupation, l’Inquisition d’État et, à partir de 1567, un «Conseil des troubles» sont chargés d’y veiller. D’abord unie («Compromis des Nobles»), la noblesse du pays, qui souffre elle aussi de la répression (exécution des comtes d’Egmont et de Hornes à Bruxelles, en 1568), ne tarde pas à se diviser, suivie par les Provinces elles-mêmes: quand, en 1579, les Sept Provinces du Nord des Pays-Bas, protestantes, consolident fortement leur unité par «l’Union d’Utrecht» qui constituent leur indépendance, les catholiques des Provinces du Sud forment «la Confédération d’Arras»; fidèles au roi, elles se résignent à prendre parti pour le gouverneur Alexandre Farnèse (duc de Parme au service de l’Espagne) qui, de 1581 à 1585, reconquiert la Flandre et le Hainaut.

La scission entre le Nord (les Provinces-Unies, qui deviendront les Pays-Bas actuels) et le Sud (les Pays-Bas méridionaux, espagnols, qui deviendront la Belgique) est prononcée à jamais.

Des occupations successives

Après une brève trêve sous le règne des héritiers de Philippe II, les archiducs Albert et Isabelle, et jusqu’aux traités qui mettent fin à la guerre de succession d’Espagne et font passer les Pays-Bas méridionaux aux mains des Habsbourgs d’Autriche (1714), le territoire de la Belgique sera transformé en champ de bataille de l’Europe, en particulier sous le règne de Louis XIV. Rebaptisés Pays-Bas autrichiens, ils continueront à être le jouet des puissances européennes qui choisissent volontiers ce territoire pour régler leurs querelles.

En 1648, à l’issue de la guerre de Trente Ans, l’Espagne reconnaît enfin l’indépendance des Provinces-Unies et leur cède le Brabant septentrional et la Flandre zélandaise. En 1659, la France obtient l’Artois; en 1668 et en 1678, le sud du Hainaut et l’ouest de la Flandre. En 1695, elle soumet Bruxelles à un feu d’artillerie qui détruit 4 000 maisons. En 1714, les Pays-Bas méridionaux sont cédés à l’Autriche. Despote éclairé, l’empereur Joseph II réalise des réformes heureuses dans ses États, mais, voulant uniformiser leur administration, il heurte les Belges, attachés à leurs coutumes.

Les Pays-Bas méridionaux finiront par se révolter et chasseront les Autrichiens: en 1789, la Révolution brabançonne chasse les Autrichiens et la population liégeoise renverse son prince-évêque; l’acte de constitution des États belgiques unis publié, le 11 janvier 1790, par les États généraux, l’Assemblée représentative des dix provinces, est la première expression d’une volonté d’indépendance nationale. Le 11 janvier 1790 l’indépendance des États belgiques unis (y compris Liège) est prononcée unilatéralement, mais la fidélité des diverses provinces à leurs coutumes nuit à leur union, et les Autrichiens reprennent le pays en décembre, mais pour peu de temps, puisque les troupes révolutionnaires françaises ne vont pas tarder à intervenir en Belgique.

En novembre 1792, le Français Dumouriez vainc les Autrichiens à Jemappes, près de Mons. Ceux-ci chassent les Français (vaincus à Neerwinden, dans le Brabant, en mars 1793) puis leur abandonnent le territoire après avoir été vaincus à Fleurus, dans le Hainaut (juin 1794), cette victoire des troupes françaises mettant définitivement fin aux Pays-Bas autrichiens, mais aussi à la principauté de Liège, qui avait su jusque-là préserver son indépendance. En 1795, la France annexe le pays; la principauté de Liège perd son indépendance, conservée depuis des siècles. L’occupation française durera vingt-trois ans.

Époque contemporaine

Annexée par la France, qui divise administrativement le pays en départements (qui préfigurent les 9 provinces de 1830) et y introduit progressivement une grande partie de sa législation (par exemple le Code Napoléon), la Belgique va connaître une période de relative croissance économique, marquée notamment par le début de la révolution industrielle, la transformation de l’agriculture (la culture de la betterave sucrière favorise le développement de l’industrie sucrière) et l’amélioration de ses réseaux routier et fluvial.

Le rattachement à la Hollande

Après la défaite de Napoléon à Waterloo (Brabant wallon), le 18 juin 1815, la Belgique est rattachée aux Provinces-Unies par le congrès de Vienne. Elle exècre cette domination: les couches populaires, à cause de leur foi catholique; la bourgeoisie, parce qu’elle est francisée. Certes, les deux pays sont complémentaires au point de vue économique, mais les mesures impopulaires prises par Guillaume Ier vont envenimer la situation.

Soucieux d’enlever à l’Église catholique le monopole de l’enseignement, ce roi protestant met en place les universités d’État de Gand et de Liège (1817), des athénées dans les grandes villes, une école primaire dans chaque commune. Ce sont toutefois ses mesures linguistiques (le néerlandais comme seule langue nationale), le contrôle exercé sur la presse et la préférence qui est systématiquement accordée aux Hollandais dans l’administration qui mécontenteront la population.

L’indépendance

Bruxelles se soulève le 25 août 1830. Le 27 septembre, les patriotes, venus de tout le pays mais principalement de Wallonie, remportent une victoire sur les Néerlandais dans le parc de Bruxelles: cette date sera choisie comme fête de la Communauté française. Un gouvernement provisoire proclame l’indépendance de la Belgique le 4 octobre, décision approuvée le 20 janvier 1831 par les grandes puissances réunies à la conférence de Londres. (Toutefois, ce n’est qu’en 1839 que l’empereur Guillaume Ier ratifiera les traités de Londres qui garantissent la neutralité et l’intégrité du territoire belge, après l’avoir amputé du Limbourg hollandais avec Maastricht et d’une partie de l’actuel grand-duché de Luxembourg.)

Élu en novembre 1830, le Congrès national adopte, en février 1831, une Constitution et offre la couronne au duc de Nemours, fils du roi des Français Louis-Philippe. Par crainte de l’Angleterre, celui-ci la refuse et le Congrès choisit le futur gendre de ce même Louis-Philippe, le prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (Léopold Ier), qui prête serment le 21 juillet 1831. Le 2 août, les Pays-Bas envahissent la Belgique. Celle-ci demande l’aide de la France, qui chasse les troupes néerlandaises (mais les Pays-Bas conserveront Anvers jusqu’en décembre 1832).

Léopold Ier et Léopold II

Fin diplomate, Léopold Ier réussira à assurer à ses quelque 3 800 000 sujets la paix intérieure et extérieure, ce qui favorisera une prospérité économique sans précédent, fondée sur les industries extractives et métallurgiques de Wallonie, et des rendements agricoles qui battent des records en Europe. Mais les conditions de vie du prolétariat sont extrêmement dures. Le pouvoir est détenu par la bourgeoisie francophone, qui impose l’usage du français dans toute la Belgique. Né très tôt, le mouvement flamand n’obtiendra l’utilisation du flamand en matière de justice, puis dans l’administration et dans l’enseignement que dans le dernier quart du XIXe siècle, sous le long règne du deuxième roi, Léopold II (1865-1909), et la flamandisation de l’université de Gand en 1930 seulement, à la fin du règne du roi Albert Ier (1909-1934). En 1865, Léopold II succède à son père. Esprit cultivé et entreprenant, il contribue au développement économique par de grands travaux, fait progresser la législation sociale et lègue au pays un empire colonial, le Congo belge.

Albert Ier et Albert II

Son neveu, Albert Ier, future grande figure de la Première Guerre mondiale et défenseur du droit social (c’est sous son règne que fut limitée à 8 heures la journée de travail, acquis le droit de grève, rendue obligatoire la pension de retraite, et créé le système des allocations familiales), lui succède en 1909 et règne jusqu’en 1934. Les luttes politiques ont pour thème principal l’école: tenants de la laïcité, les libéraux s’opposent aux catholiques, qui exercent plus souvent le pouvoir que leurs rivaux.

En 1879, le Premier ministre, libéral, Hubert Frère-Orban, laïcise les écoles. En 1884, quand les catholiques reviennent au pouvoir (qu’ils conserveront jusqu’en 1938), le Premier ministre Jules Malou autorise les communes à remplacer une école laïque par une école religieuse. Les libéraux se lancent dans une campagne de protestation et Malou doit céder la place à un catholique modéré, Auguste Beernaert.

En 1895, son successeur rendra obligatoire le catéchisme. En 1885, le Parti ouvrier belge (POB) est fondé. Par ses grèves, il suscite l’adoption du suffrage universel (1892), mais la loi Nyssens invente le vote plural: les citoyens riches et instruits disposent de deux, voire de trois voix. La question flamande, dans un pays où la Wallonie est plus riche et où la classe dominante est francophone (même en Flandre), se pose alors sans acuité. Le parti catholique se montre partisan du catholicisme social.

Le POB l’affronte, notamment sur la question du vote plural. En 1913, il organise une grande grève pour son abolition, mais quand l’Allemagne viole la neutralité de la Belgique, le 2 août 1914, en lui adressant un ultimatum, l’union nationale se fait : le libéral Paul Hymans et le socialiste Émile Vandervelde entrent dans le gouvernement du catholique Charles de Broqueville. Occupant la Belgique jusqu’en 1918, l’Allemagne attisera en vain la rivalité entre Flamands et Wallons. Victorieuse, la Belgique recevra en 1919 le Ruanda-Urundi allemand, occupé dès 1916.

L’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale

Le vote plural est aboli, les catholiques n’assurent la stabilité ministérielle qu’en demandant l’aide des libéraux, la question flamande s’accentue. La crise économique de 1929 aura des répercussions tragiques dans un pays d’industrie lourde. En 1934, Albert Ier meurt accidentellement. Son fils, Léopold III, lui succède. En mai 1938, pour la première fois, un socialiste, Paul-Henri Spaak, devient Premier ministre (jusqu’en février 1939). Dans l’entre-deux-guerres, la Belgique est administrativement réorganisée sur la base de l’unilinguisme des Régions.

Quand, le 10 mai 1940, l’Allemagne viole une nouvelle fois la neutralité belge, le roi capitule le 28 mai et demeure en Belgique, alors que le gouvernement du catholique Hubert Pierlot gagne Londres. En novembre 1940, le roi rencontre Hitler, qui, en juin 1944, l’assignera à résidence en Allemagne. À la Libération, en septembre 1944, Léopold III, contesté, ne rentre pas en Belgique et son frère Charles est nommé régent. La «question royale» se posera jusqu’en 1951; le roi abdiquera alors en faveur de son jeune fils Baudoin..

Depuis 1945

Membre du Benelux, formé dès 1944, du Conseil de l’Europe et de l’OTAN (1949), de la CECA (1951), de la CEE (1957), la Belgique a joué un rôle majeur dans la construction européenne. Bruxelles est le siège de l’OTAN, de l’UEO et de l’Union européenne. À l’intérieur, trois événements ont marqué le dernier demi-siècle: le problème de l’enseignement, réglé par le Pacte scolaire de 1958; la Belgique a permis au Congo, quoique dans des circonstances dramatiques, d’accéder à l’indépendance (1960); l’interminable querelle linguistique entre Flamands et Wallons, qui a provoqué plusieurs réformes de la Constitution de 1831.

Plus encore que dans l’entre-deux-guerres, les gouvernements qui se sont succédé ont été le fruit de subtiles coalitions. En effet, au clivage politique (parti social-chrétien, socialiste et, comme force d’appoint, parti libéral) se superpose le clivage linguistique, qui a donné naissance à des partis dits communautaires.

Depuis 1949, le Parti social-chrétien flamand (Christelijke Volkspartij) a formé le plus souvent le gouvernement, souvent instable. Toutefois, depuis 1981, la Belgique n’a eu que deux Premiers ministres: les sociaux-chrétiens flamands Wilfried Martens, de 1981 à 1992, et Jean-Luc Dehaene, depuis 1992.
Mort en 1993, le roi Baudouin avait su conquérir le coeur de tous ses sujets. Son frère, le roi Albert II, lui a succédé
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