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Égypte – Histoire

Le Sahara tropical du paléolithique étant devenu un désert au début du néolithique (IXe millénaire), les hommes se sont réfugiés dans l’étroit ruban de la vallée du Nil. Ils apprennent à y vivre, domestiquent les animaux, cultivent les terres, bâtissent des villages. Fondant des principautés et des royaumes, ils parviennent, au début du IIIe millénaire, à une unité que rien désormais ne parviendra à remettre durablement en question.

Profondément attaché à sa terre, ce peuple de paysans réalistes va construire temples et pyramides, et répéter à profusion les motifs et les signes d’un système sophistiqué d’explication du monde et de l’au-delà, qui ne s’éteindra définitivement que trente-cinq siècles plus tard. Une civilisation d’une étonnante stabilité, décrite par la première des écritures connues, va alors sombrer dans l’oubli.

La domination arabe

Lorsque vient au monde le prophète de l’islam, en 570 apr. J.-C., il y a bien longtemps que le pays n’est plus maître de son destin: grecque entre 332 et 30 avant notre ère, romaine de 30 av. J.-C. à 395 apr. J.-C., puis byzantine jusqu’en 642, l’Égypte a progressivement adopté une foi chrétienne qu’elle a d’ailleurs fortement contribué à forger.

Un grave conflit, qui oppose la doctrine officielle en vigueur à Constantinople à l’hérésie monophysite, donne naissance à l’Église copte (du grec aiguptos, terme désignant les Égyptiens). En 640, sept ans après la mort de Mahomet, les armées musulmanes d’Amr ibn al-As pénètrent dans Memphis, sans presque rencontrer de résistance, avant de s’emparer de la grecque Alexandrie (642): le pays va désormais partager le destin du jeune empire arabo-musulman et se tourner vers de nouvelles capitales, la Damas des Omeyyades et la Bagdad des Abbassides.

Lentement se diffuse la religion nouvelle, qui va mettre plusieurs siècles à devenir majoritaire. Lorsque l’Empire abbasside n’est plus capable de maintenir son unité apparaissent des dynasties locales plus ou moins indépendantes: les Tulunides, de 868 à 905, et les Ikhchidides, de 935 à 969.

Au sein de l’islam s’élèvent des controverses religieuses qui n’épargnent pas les chrétiens. Les chiites, estimant que le califat doit revenir à un descendant du Prophète, organisent la résistance. En 973, les Fatimides, descendants de la fille du Prophète, Fatima, et de son neveu Ali, venus de Tunisie où ils s’étaient réfugiés, s’emparent du Caire et y instaurent un nouveau califat.

Ils en font la capitale d’un empire brillant et prospère, qui occupe la Syrie et devient la plaque tournante du commerce entre l’Asie et l’Afrique. Les fondements de la mosquée al-Azhar sont posés en 973; son université voit le jour en 988.

En 1099, les croisés s’emparent de Jérusalem: les Francs prennent part aux querelles locales jusqu’à ce que le sultan Salah al-Din (Saladin Ier) vienne rétablir l’ordre en renversant la dynastie fatimide à bout de souffle (1171). Les Ayyubides, qui devront faire face à de nouvelles attaques des croisés, appuient leur pouvoir sur une garde prétorienne d’esclaves turcs et circassiens, les mamelouks.

En 1250, ces derniers vainquent et capturent le roi de France Louis IX (le futur Saint Louis), puis renversent le dernier Ayyubide et instaurent un ordre efficace et stable: les Mamelouks se maintiendront au pouvoir pendant 267 ans, le temps de 47 règnes.
Le Caire devient le centre d’un puissant empire qui récupère les possessions des Fatimides et contrôle les circuits commerciaux entre l’Orient et l’Occident.

La tutelle ottomane

La découverte de la route maritime des Indes par les Portugais et la constitution d’un vaste Empire ottoman privent l’Égypte de l’essentiel de ses sources de richesse et de puissance. En 1517, soixante-quatre ans après la prise de Constantinople par les Turcs, Selim Ier rattache l’Égypte à son empire, laissant aux milices mamelouks le pouvoir au niveau local. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, appauvri et en pleine décadence, le pays sombre progressivement dans l’anarchie.

En juillet 1798, Napoléon Bonaparte débarque à Alexandrie avec 38�0 soldats et les plus brillants savants de son époque. Il a pour objectif la maîtrise de la route des Indes et la conquête d’un empire oriental. Mais, un an plus tard, il rejoint l’Europe, laissant derrière lui son armée (qui rembarquera en septembre 1801). Tout inachevée que soit son oeuvre, et en dépit de l’échec apparent, cette intrusion des soldats d’une jeune révolution dans ce vieux pays est aujourd’hui considérée comme le point de départ de l’Égypte moderne.

L’Égypte moderne

Après une période de troubles, Méhémet-Ali (1769-1849), dont la nomination au poste de vice-roi par les ulémas est reconnue en 1805 par la Porte (gouvernement du Sultan), fait massacrer, en 1811, trois cents beys mamelouks qu’il avait invités à un festin donné à la Citadelle. Levée l’hypothèque que faisaient peser les milices indisciplinées, l’ordre est rétabli.

Le nouveau maître de l’Égypte peut alors achever l’oeuvre de rénovation entreprise par Bonaparte et n’hésite pas à s’entourer d’experts français pour mettre en oeuvre ses projets: construction de canaux d’irrigation, introduction de cultures destinées à l’exportation (coton, canne à sucre), ébauche d’une industrie, équipement portuaire, réforme de l’administration, création d’une armée moderne, fondation d’écoles, envoi de missions scientifiques à l’étranger.

Pour le compte du sultan, il entreprend la reconquête de La Mecque et réprime l’insurrection crétoise. Les conquêtes du Soudan et de la Syrie sont, en revanche, conduites à des fins personnelles. La campagne de Syrie, menée en 1831 par son fils Ibrahim Pacha, provoque l’inquiétude des puissances européennes, qui contraignent Méhémet-Ali à renoncer à ses conquêtes (en échange de quoi elles reconnaissent son pouvoir héréditaire sur l’Égypte). Le vice-roi meurt en 1849 sans avoir pu réaliser ses ambitions, mais laisse derrière lui un pays profondément transformé.

Ses successeurs, à l’exception d’Abbas Ier (1848-1854), poursuivent à grands frais sa politique: traçage des lignes de chemin de fer, création d’un musée des Antiquités (avec le Français Mariette), libération de la propriété des terres. Le plus gros chantier, le creusement du canal de Suez, est confié à Ferdinand de Lesseps. L’inauguration du canal en 1869, en présence de l’impératrice Eugénie, marque l’apogée du règne du khédive (vice-roi) Ismaïl Pacha (1863-1879).

Ruiné par les dettes contractées auprès des Européens, le pays doit accepter en 1876 un condominium financier franco-britannique. Trois ans plus tard, le khédive, contraint d’abdiquer, est remplacé par son fils Tawfiq (1879-1892). Le mécontentement se développe dans la population et dans l’armée: le colonel nationaliste Urabi Pacha devient ministre de la Guerre.

La Grande-Bretagne, prétextant la protection des ressortissants européens, intervient et écrase les troupes égyptiennes le 13 septembre 1882. Après être parvenue à ruiner l’influence française, elle reste seule maîtresse de la région. Le soulèvement mahdiste au Soudan fournit ensuite à Londres l’occasion de renforcer sa présence militaire.

Au cours de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne dépose le khédive Abbas II Hilmi, jugé trop proche des nationalistes, et coupe les derniers liens existant entre Le Caire et l’Empire ottoman. Londres établit dès lors son protectorat direct. Mais, dès 1922, même s’il s’agit d’un acte symbolique, il lui faut mettre fin au protectorat, tant est grande la pression populaire. L’entre-deux-guerres est marquée par la lutte menée sous l’impulsion du parti Wafd et de son chef historique, Sad Zaghlul; en remportant une large majorité aux élections de 1924, le Wafd donne un véritable sens à l’indépendance égyptienne.

Le 26 août 1936, le traité de Londres est signé: la Grande-Bretagne accorde à l’Égypte son indépendance, mais les Anglais pourront occuper le canal de Suez pendant vingt ans. L’Égypte est admise à la Société des Nations en 1937.

La scène politique appartient alors à trois forces: le Palais avec d’abord Fouad Ier (1917-1936) puis Farouk (1936-1952) , le Wafd (avec Sad Zaghlul puis Nahhas Pacha) et la Grande-Bretagne, qui se joue des deux premiers et finit par les déconsidérer, précipitant ainsi leur perte et la sienne. La défaite arabe de Palestine en 1948 et les difficultés économiques provoquent des troubles.

En 1952, des incidents avec les troupes britanniques installées sur le canal de Suez suscitent une émeute au Caire, menée par les Frères musulmans. Ni le Palais ni le vieux parti Wafd ne peuvent redresser la situation. Le 23 juillet, les officiers libres, dirigés par Gamal Abdel Nasser, prennent le pouvoir pour le confier au général Néguib, qui sera démis de ses fonctions un an plus tard.

Nasser et la République

Pour la première fois depuis la conquête d’Alexandre, un authentique Égyptien, Nasser, préside aux destinées de son pays. Une nouvelle catégorie sociale, la petite bourgeoisie civile et militaire, l’accompagne au pouvoir. La majeure partie du pays va se rallier aux idéaux de son leader: égalité, authenticité culturelle, progrès sur le plan intérieur; nationalisme, tiers-mondisme et arabisme sur le plan extérieur.

Les dernières troupes britanniques quittent la zone du canal en 1954. À la conférence de Bandung, en 1955, l’Égypte, qui vient de refuser de participer au pacte proaméricain de Bagdad, joue un rôle majeur dans la naissance du mouvement des pays non alignés. L’année suivante, Nasser procède à la nationalisation du canal de Suez et sort à son avantage de l’opération de répression militaire franco-anglo-israélienne, qui est stoppée sur les injonctions de Washington et de Moscou.

L’Égypte saisit l’occasion pour mettre un terme aux intérêts économiques extérieurs et annonce l’exil de nombreuses communautés étrangères, ou ressenties comme telles.
En 1958 entre en vigueur, avec la Syrie, la République arabe unie (RAU). Les difficultés commencent en 1961 avec la dénonciation par la Syrie de l’union entre les deux pays. L’Égypte intervient aux côtés des républicains dans la guerre civile yéménite, mais se trouve prise au piège d’une guerre interminable. Sur le plan intérieur, l’Union socialiste arabe, parti unique, se renforce parallèlement à la répression, tandis que sont organisées de nouvelles mesures de nationalisation.

En 1967, la tension avec Israël monte. L’État hébreu lance une attaque, qualifiée de préventive, contre ses voisins: les Égyptiens sont défaits en six jours de campagne; le Sinaï est occupé, et les troupes israéliennes campent sur la rive est du canal, où va se poursuivre une longue guerre d’usure. Nasser offre sa démission; rappelé par les manifestations d’un peuple en plein désarroi, il va développer ses relations avec l’URSS pour reconstituer son potentiel militaire. Il meurt trois ans plus tard, le 28 septembre 1970, sans avoir pu surmonter les conséquences de la guerre des Six-Jours.

L’ouverture

Le successeur de Nasser, Anouar el-Sadate, ne tarde pas à donner à la politique égyptienne des orientations différentes, même s’il se situe dans la continuité du régime. Il réduit les tendances nassériennes radicales existant au sein du parti et de l’appareil d’État, et réintroduit une forme de pluralisme politique; il fait même preuve d’une indulgence certaine à l’égard des Frères musulmans.

Cette évolution libérale s’accompagne d’une politique d’ouverture économique (infitah) visant à relancer le développement économique en attirant les capitaux étrangers (dans un premier temps, l’infitah accroît les inégalités et les tensions sociales). Sur le plan extérieur, l’Égypte met fin à ses relations privilégiées avec l’URSS (expulsion des conseillers soviétiques en 1972, abrogation du traité d’amitié avec Moscou en 1976) et se rapproche des États-Unis.

Avec la Syrie, l’Égypte lance le 6 octobre 1973 une opération militaire qui permet à ses troupes de franchir le canal de Suez (guerre du Kippour). Ce succès initial, même s’il est suivi de revers, sauve surtout l’honneur du pays et le prépare à la paix qui va suivre. En 1974 commence le désengagement réciproque de la zone du canal (qui sera désensablé pour être ouvert un an plus tard).

En 1976, alors que Le Caire a renoué ses relations avec Washington, l’Égypte récupère des champs pétrolifères. Le voyage de Sadate à Jérusalem en novembre 1977 précipite la mise au ban de l’Égypte par le monde arabe. Le 26 mars 1979, un traité de paix est signé à Camp David, aux États-Unis, entre les deux anciens ennemis; il aboutit à la restitution du Sinaï à l’Égypte en 1982, mais Sadate avait été assassiné par des extrémistes musulmans en octobre 1981.

Le président Hosni Moubarak poursuit les grandes orientations de son prédécesseur. Sans rien faire qui soit susceptible de remettre en question le traité de paix avec Israël, et tout en consolidant ses liens avec les États-Unis (qui fournissent une aide civile et militaire considérable), l’Égypte parvient à améliorer progressivement ses relations avec les pays arabes: elle réintègre la Ligue arabe en 1989.

Le choix fait lors du conflit du Golfe, en 1991, de participer à la force multinationale contribue à renforcer le rôle diplomatique de l’Égypte et à assainir sa situation financière. Sur le plan économique, la politique de libéralisation est maintenue sous les auspices du Fonds monétaire international. D’indéniables succès, notamment sur le plan monétaire et financier, peuvent être relevés. Cependant, les attentats perpétrés par les intégristes islamiques ont provoqué une crise du tourisme et des investissements étrangers.

.Histoire et Chronologie Rubrique supérieure. La ligne du temps. Date de publication : mardi 20 septembre 2005 - Auteur: Nico. L'Époque prédynastique.Les trois mille ans d'histoire de l'Égypte antique semblent receler ... Pourtant, le caractère le plus remarquable de l'Égypte ancienne est ....Histoire Egypte Ancienne. Chapitre I : De la Préhistoire à l'Histoire. Cadres Généraux. L'Egypte présente une unité géographique : une longue bande de terres ...

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