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République Centrafricaine – Histoire

L’histoire ancienne

La Centrafrique actuelle a longtemps été un point de passage pour les migrations qui ont balayé le continent: celle des populations du haut Nil peut-être, et surtout celle des Bantous.

La première structure étatique connue est le royaume du Kanem, qui, fondé au IXe siècle et islamisé au XIe siècle, étendit sa puissance, depuis le lac Tchad, sur le nord de la Centrafrique actuelle. Aux XVe et XVIe siècles, des populations apparentées aux Nubiens auraient fondé deux royaumes. Les liens étroits avec le Bornou (qui au XVIe siècle dominait le Kanem) permirent à certains groupes de population de participer au commerce transsaharien. Les désordres se multiplièrent au XVIIIe siècle, avec l’essor de la traite atlantique.

Le renouveau du XIXe siècle

À la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, la migration des Zandé permit l’émergence d’un royaume guerrier dans le haut Oubangui et le Bahr al-Ghazal. Au XIXe siècle, le rêve impérial de Méhémet-Ali et de ses successeurs amena l’Égypte à établir sa suprématie sur le Soudan. Des aventuriers agissant à titre privé élargirent plus encore la sphère d’influence de l’Égypte.

Comme la révolte du Mahdi (Muhammad Ahmad ibn Abdallah), de 1881 à 1885, coupait à l’Égypte les routes orientales du commerce transsaharien, Rabah, un aventurier et marchand, s’installa près du lac Tchad. Se livrant au commerce des esclaves et de l’ivoire, il créa une armée de 35 000 soldats, qu’il équipa de fusils à tir rapide.

Après plusieurs échecs militaires, il se tailla un immense empire aux dépens du Baguirmi et du Bornou. De son côté, l’un des fils du sultan du Baguirmi avait fondé, au cours du XIXe siècle, un nouvel État, inféodé au Ouaddaï: le Dar el-Kouti. L’un de ses fils, Sénoussi, s’enrichit dans le commerce et noua une fructueuse alliance avec Rabah.

L’arrivée des Européens

Dans les années 1870 et 1880, une première vague d’explorateurs, venus de la vallée du Nil, reconnut la région: Georg Schweinfurth, qui atteignit l’Oubangui en 1870; Panegiotès Potagos, qui reconnut le bassin du Mbomou en 1876-1877; Friedrich Bohndorff, qui traversa le pays entre 1876 et 1879; le Dr Schnitzer (surnommé Emin Pacha), émissaire du khédive égyptien au Soudan; Wilhelm Junker (1876 et 1880-1883).

La révolte du Mahdi coupa durablement la voie soudanaise des explorations. À partir de la conférence de Berlin (1884-1885), les Français et les Belges, implantés au Congo, se lancèrent à la conquête de la Centrafrique. De 1886 à 1889, les frères Dolisie et Gaillard remontèrent le cours de l’Oubangui et fondèrent les postes de Liranga, de Bangui (1889) puis de Mobaye. À leur suite, Alfred Foureau, Pierre Savorgnan de Brazza et Paul Crampel occupèrent la haute Sangha et le haut Oubangui pour le compte de la France.

Le décret de 1894 détacha le territoire du Haut-Oubangui du Congo français. Le nord de la Centrafrique actuelle se trouvait toujours aux mains de Rabah. Les Français lancèrent une opération décisive et envoyèrent trois missions vers le lac Tchad: la mission Voulet-Chanoine partit de l’Afrique de l’Ouest; la mission Foureau-Lamy s’avança depuis l’Algérie; la mission Gentil remonta depuis le Congo.

Ensemble, les troupes françaises attaquèrent Rabah qui fut vaincu et tué à Kousseri en 1900. Il fallut dix ans aux Français pour venir à bout du Ouaddaï et de Sénoussi. Le royaume zandé se soumit vers 1894, non sans avoir infligé de sévères défaites aux colonisateurs. Les trois sultanats de la région du Mbomou, le sultanat de Bangassou, celui de Rafaï et celui de Zémio, formés à la fin du XIXe siècle, tombèrent au début du XXe siècle.

La colonisation française

En 1905, la colonie de l’Oubangui-Chari (correspondant à la Centrafrique actuelle) fut constituée. En 1910, les territoires français d’Afrique centrale furent organisés en une fédération: l’AEF, dont faisait partie l’Oubangui-Chari-Tchad. Le Tchad en fut détaché en 1920. Les Français contrôlaient très partiellement l’Oubangui-Chari. De grandes compagnies concessionnaires reçurent la charge d’exploiter les richesses naturelles de la colonie, notamment le caoutchouc.

Sous prétexte de rentabilité, elles commirent des exactions et des crimes odieux. Elles recouraient continuellement au travail forcé, au portage et aux corvées imposées non seulement aux hommes mais aux femmes et aux enfants. Les salaires versés par les compagnies ne permettaient pas aux familles de vivre décemment. Aussi la résistance et les révoltes se poursuivirent-elles jusque dans les années 1930. La guerre du Kongo-Wara (littéralement «manche de houe»), dirigée par Karinou, sema la terreur chez les colons de 1928 à 1935.

Les investissements de la France en Afrique centrale demeurèrent très inférieurs à ceux qu’elle effectuait en Afrique occidentale: une loi de 1900 interdit à la métropole de dépenser de l’argent dans ses colonies. Aussi la construction d’un embryon de réseau routier fut-elle financée par l’impôt «indigène» et nécessita un recours massif au travail forcé, peu ou pas payé. Beaucoup d’hommes furent envoyés sur le chantier du chemin de fer Congo-Océan. En 1924, l’administration coloniale imposa aux paysans la culture du coton, dont le prix était dérisoire.

Pendant la Première Guerre mondiale, l’Oubangui-Chari envoya plusieurs contingents de soldats combattre dans l’armée française. Ils contribuèrent à la reconquête de Nola et de l’Ouest centrafricain, cédés au Cameroun allemand (Kamerun) en 1911. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Oubangui-Chari fut l’une des premières colonies à se rallier à la France libre, au mois d’août 1940.

Après le conflit, le régime colonial s’assouplit légèrement. Une loi de 1946 abolit le travail forcé. La même année, l’Oubangui-Chari élut son premier député à l’Assemblée nationale: Barthélemy Boganda. En 1949, celui-ci créa le MESAN (Mouvement d’évolution sociale de l’Afrique noire) et mena un combat actif contre le racisme des colons et les abus de la colonisation. La loi-cadre de 1956 conféra le suffrage universel aux Africains et effectua une large décentralisation dans les colonies. L’Oubangui-Chari élut un Conseil de gouvernement de six ministres, présidé par Abel Goumba.

Lors du référendum de 1958, le projet de Communauté française recueillit 98,1 % de «oui» en Oubangui-Chari. La République centrafricaine fut proclamée. En 1959, au cours de la campagne pour les élections présidentielles, Barthélemy Boganda trouva la mort dans un accident d’avion dans des conditions mal élucidées. Son décès souleva une très vive émotion.

David Dacko fut élu, tandis que l’opposition créait le MEDAC (Mouvement d’évolution de l’Afrique centrale). Malgré les efforts entrepris par Barthélemy Boganda puis par ses successeurs, l’Oubangui-Chari ne put maintenir l’unité de l’A-EF Le 13 août 1960, le pays accéda à l’indépendance.

La Centrafrique contemporaine

Peu de temps après l’indépendance, en 1962, le MESAN (Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire) devint le parti unique. David Dacko fut renversé par un coup d’État militaire dans la nuit du 31 décembre 1965. Le colonel Jean Bedel Bokassa prit le pouvoir et imposa un régime autocratique. Une nouvelle Constitution lui confia les pouvoirs exécutif et législatif. S’étant fait nommer général puis maréchal, Bokassa se proclama président à vie en 1972.

La monarchie parlementaire, instituée par la Constitution de novembre 1976, plaça à sa tête l’empereur, seul garant des institutions politiques, qui nommait le gouvernement; le parti unique était le MESAN. En 1977, Bokassa fut sacré empereur de l’Empire centrafricain. Le faste du couronnement, l’arbitraire du régime et la dégradation de l’économie suscitèrent le malaise de la population et la désapprobation de l’opinion internationale. En 1979, diverses émeutes éclatèrent,suivies par une sanglante répression culminant en un massacre d’enfants perpétré avec la complicité de l’empereur.

Le 21 décembre 1979, profitant d’un déplacement de Bokassa à l’étranger, l’armée française s’empara du palais et réinstalla David Dacko au pouvoir. La République fut restaurée, et David Dacko devint président, après des élections présidentielles (mars 1981) contestées par l’opposition; en septembre de la même année, David Dacko fut renversé par un nouveau coup d’État militaire qui porta le général André Kolingba à la tête de l’État. Après la dissolution du Comité militaire de redressement national, avec lequel il gouverna jusqu’en 1985, le général Kolingba fit approuver en 1986 par référendum une nouvelle Constitution, instaurant un régime présidentiel.

Cependant, l’opposition s’organisa dans l’ombre et, en 1990, exigea la tenue d’une conférence nationale. En 1992, un grand débat national réunit les différentes tendances politiques du pays et amorça un processus de réformes. Malgré les tentatives d’intimidation d’André Kolingba et grâce à la mobilisation de la population, les élections présidentielles de septembre 1993 virent la victoire de Ange-Félix Patassé, chef du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MPLC). Après avoir tout tenté pour proroger son mandat, expiré en novembre 1992 (ce qui provoqua une grève des fonctionnaires durant de longs mois), le président Kolingba dut se résoudre à accepter le résultat du scrutin.
En novembre 1996, à Bangui, des troubles éclatèrent, que l’armée française contribua à réprimer et, en janvier 1997, la signature des accords de Bangui mit fin à la mutinerie d’une partie de l’armée. Le 12 février, fut créée une Force africaine d’interposition (MISAB), composée de soldats de six pays africains (Burkina-Faso, Gabon, Mali, Tchad, Sénégal et Togo), chargée du maintien de la sécurité, du désarmement des milices et du retour à la paix, fut créée. En avril, dans le cadre de sa politique de réconciliation nationale, le président Patassé confia deux ministères à des «ex-rebelles», et proposa la nomination d’un certain nombre d’entre eux dans différents corps d’armée.

Toutefois, la signature, le 21 juin 1997, d’un accord de cessez-le-feu, n’empêcha pas de nombreux affrontements de se poursuivre, notamment au sein de la capitale. Le 5 mars 1998, cependant, la signature d’un « pacte de réconcialition nationale » par 400 délégués à la Conférence de réconciliation, en présence des chefs d’État africains (Idriss Déby, Omar Bongo, Alpha Oumar Konaré) mandatés par le sommet franco-africain de Ouagadougou, paraissait pouvoir ramener la paix civile.

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