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Roumanie – Histoire

L’histoire du territoire roumain est celle d’une longue suite d’invasions, d’influences et de dominations en provenance d’Orient et d’Occident. Les populations locales assimilent et transforment les apports divers, tentant maintes fois une émancipation qui ne se consolidera qu’à partir du XIXe siècle.

Daces, Romains et temps obscurs

Les forteresses daces tombent sous les coups des troupes romaines menées par l’empereur Trajan; de cette conquête il restera la langue, de structure latine. Les invasions gothiques, bulgares, slaves avant le Xe siècle, petchenègues, tatares jusqu’au XIIIe siècle, en brouillent la structure, ajoutent un abondant vocabulaire slave et instituent la christianisation byzantine.

Le débat, d’ailleurs, n’est pas clos entre les historiens quant à savoir quelle fut la part des Daco-Roumains restée dans le refuge montagnard carpatique et celle ayant migré dans les Balkans, adoptant la transhumance pastorale d’altitude (Valaques, Aroumains). À partir du XIIIe siècle, aux pressions venues de l’est et du sud s’ajoutent, au nord-est, celles des Hongrois catholiques, qui conquièrent le bassin transylvain et facilitent, pour la mise en valeur minière et marchande du territoire, l’implantation de colonies germaniques dites «saxonnes».

L’individualisation dans le contexte ottoman

Un répit à l’est facilite la descente du peuplement vers les zones de piémont et de plaine aux XIIIe et XIVe siècles. La constitution d’entités politiques autonomes autour des princes se développe avec une certaine aisance en Moldavie et en Valachie, très difficilement en revanche en Transylvanie, soumise à la pression magyare. Cette première affirmation politique des principautés est interrompue par l’invasion ottomane – début XVe siècle en Valachie, début XVIe siècle en Moldavie, en Transylvanie et sur l’ensemble de la Hongrie –, sans que l’épanouissement culturel en soit trop atteint, le régime de la vassalité ottomane laissant une large autonomie.

Le XVIIe siècle connaît la diffusion des imprimeries, des écoles et de la liturgie en langue roumaine. Les tutelles s’alourdissent au siècle suivant: ottomane après l’échec d’une tentative de libération (1711), les princes étant alors remplacés par les hospodars (souverains) phanariotes, qui hellénisent les couches dirigeantes; autrichienne en Transylvanie (1691) et en Bucovine (1775), à la faveur du recul turc (le peuple roumain et l’Église orthodoxe n’y obtiennent aucune reconnaissance, contrairement aux «trois nations» magyare, sicule et saxonne); russe enfin, avec la progression des troupes tsaristes vers les bouches du Danube et le Bosphore (annexion de la Bessarabie moldave en 1812).

Éveil et formation de l’unité roumaine

L’éveil de la conscience nationale se manifeste avec le mouvement des Lumières (Supplex libellus Valachorum). Mais le chemin vers l’autonomie et l’union des principautés est difficile, la lutte d’influences entre l’Autriche-Hongrie et la Russie succédant à la tutelle ottomane. Après un premier échec d’un mouvement pour l’indépendance de la Valachie (1820-1821), le «règlement organique» de 1829, sous contrôle russe, accorde une autonomie aux principautés.

Malgré un second échec en 1848, elle sera confirmée à l’issue de la guerre de Crimée, avec le soutien de Napoléon III. En 1859, l’élection d’un même prince (Alexandre-Jean Cuza) pour la Moldavie et la Valachie marque le début de l’union qui mènera à l’indépendance en 1881 avec Carol Ier (Charles de Hohenzollern-Sigmaringen), événement suivi de l’autocéphalie religieuse (1885).

Nouvel État en forme de croissant, moulant la partie externe de la chaîne des Carpates, la Roumanie se trouve sans expérience institutionnelle ni moyens financiers. Les élites politiques (libéraux et conservateurs alternent aux responsabilités) sont d’abord préoccupées par l’insertion de leur pays dans le système politique international; elles aspirent à récupérer la Transylvanie, passée sous contrôle hongrois direct. Le début de l’industrialisation prime à leurs yeux la question agraire, pourtant fondamentale: l’écrasante majorité des Roumains est composée de petits paysans presque sans moyens face aux grands propriétaires.

Le jeu des alliances, la question balkanique et la Première Guerre mondiale conduisent à la réalisation presque inespérée de la «Grande Roumanie» – 296 400 km2 avec la Transylvanie, le Banat, la Bucovine et la Bessarabie –, confirmée par les traités de paix.

Le royaume de Roumanie

De 1918 à 1947, au cours d’une période brève et très complexe, coexistent une étonnante floraison intellectuelle et l’accumulation de difficultés politiques et économiques. La Grande Roumanie doit gérer des minorités (un quart de la population) autrefois en position dominante et s’insérer sur le damier politique européen: Petite Entente avec la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie en 1921, Entente balkanique en 1934.

Le contexte international de crise économique appauvrit ce pays exportateur de produits agricoles et engendre de fortes tensions sociales. Le modèle démocratique s’altère au profit de mouvements populistes d’inspiration fasciste (Garde de fer). Le début de la Seconde Guerre mondiale, favorable à l’Allemagne nazie en Europe centrale, voit l’alignement de la Roumanie en 1940 sur les puissances de l’Axe (dictature du «Conducator» Antonescu), ce qui ne la met pas à l’abri du démantèlement prévu par le pacte germano-soviétique – avant que la guerre contre l’URSS ne lui redonne la Bessarabie et la Transnistrie.

Le renversement des alliances et la signature d’un armistice avec Moscou en septembre 1944 inaugurent le processus de «soviétisation» et suscitent l’installation du gouvernement de Petru Groza en 1945. Le roi Michel est contraint d’abdiquer le 30 décembre 1947. La Transylvanie du Nord est conservée par la Roumanie, mais pas la Bessarabie moldave ni la Bucovine.

La Roumanie socialiste

Dans ses institutions comme dans ses structures économiques, la Roumanie socialiste présente un profil similaire à celui des autres démocraties populaires: toute-puissance du parti unique, économie planifiée, collectivisation.

Pourtant, une distinction s’opère progressivement: une certaine indépendance militaire et politique vis-à-vis de Moscou (fin de la présence des troupes soviétiques en 1958 sous Gheorghiu-Dej, non-intervention à Prague en 1968) apparaît et l’autonomie économique (refus de la division internationale socialiste du travail en 1962, appel aux capitaux occidentaux en faveur de l’industrialisation) est recherchée; d’autre part, l’option socialiste et nationaliste est renforcée par un contrôle policier dont se sert habilement Nicolae Ceauescu pour établir sa propre dictature.

La singularité de ce cheminement politique place la Roumanie, déjà économiquement en retard par rapport à ses voisins occidentaux, dans une dynamique d’isolement international qui lui impose de se rapprocher à nouveau de Moscou sur le plan économique. Malgré la puissante Securitate (police politique), les années 1980 voient se multiplier les oppositions discrètes ou violentes au dictateur, provenant de tous horizons, y compris du comité central. Les tragiques journées de décembre 1989 à Timià Bucarest en seront l’aboutissement, avec l’exécution du couple Ceauescu et 1 033 victimes «officielles» dans des combats pour une révolution nationale mal élucidée.

Une difficile transition

En 1990-1991 se sont poursuivis les troubles liés aux luttes pour le contrôle du pouvoir entre factions rivales plus ou moins issues de l’ancienne couche dirigeante. De violents épisodes rendent le nouveau régime suspect à l’étranger. Ion Iliescu, l’un des dirigeants du FSN (Front de salut national, constitué pendant l’insurrection), est élu président de la République en mai 1990. Bien qu’en trois ans le paysage politique ait évolué avec une fragmentation de l’ancien FSN et une recomposition dans l’opposition (Convention démocratique), il est réélu en septembre-octobre 1992.

Outre la crise économique (baisse du pouvoir d’achat de 40 % de 1990 à 1993), la question des minorités constitue un facteur permanent de crispation de la vie politique.

La Roumanie, qui s’est engagée sur la voie de la démocratie, a signé un traité sur les droits des minorités nationales (septembre 1996) et pratique l’alternance au pouvoir : le chrétien-démocrate Emil Constantinescu a été élu à la présidence de la République en novembre 1996.

.La question des origines du peuple roumain a été au cœur d'une vaste controverse à ... Roesler et la première phase scientifique de l'histoire de la controverse..En partie romanisée à la suite de la création de la province de Dacie par Trajan au iie siècle après J.-C., la Roumanie est le fruit de l'intégration de populations ....Les principales dates de l'histoire de la Roumanie. Les grands faits historiques roumains.

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